La Vigne en Tarentaise

Premières vendanges à Cevins

En viticulture, la "3e feuille" qui correspond à la 3e année de plantation donne lieu à une première vendange toute symbolique mais toujours attendue. Et à Cevins la première parcelle replantée en 1997 qui signait le départ de la reconquête du vignoble a donné une prometteuse Roussette titrant naturellement 12°7.

En attendant la Mondeuse Blanche, le Persan ou la Malvoisie des prochaines années on mesurera le chemin parcouru depuis l'initiative de VET de relancer la viticulture dans la vallée. Il aura fallu beaucoup de ténacité à notre association pour réunir ceux qui sont aujourd'hui les acteurs de ce projet désormais bien engagé. En effet, l'année 2001 marquera la fin du défrichage, les dernières plantations. Les murets de pierre sèche abîmés seront relevés et un programme de restauration des maisons de vignerons est arrêté. La création d'une cave à Cevins est actuellement étudiée.

L'expérience cevinoise qui démontre que "là où il y a une volonté il y a un chemin" pourrait inspirer le Versant du Soleil en Moyenne Tarentaise. La Chambre d'agriculture assure VET qu'elle n'a pas oublié le projet. La "4e feuille" à Cevins sera t-elle la "1e feuille" de la Renaissance du vignoble du canton d'Aime ? VET en tout cas y travaille persuadée que là aussi un beau projet de reconquête est possible.

 

Vignoble de la Côte d’Aime.


A Monsieur Vincent Rolland

Conseiller Général.

Monsieur le Conseiller Général,

            Nous avons appris que vous êtes chargé des questions agricoles au sein du Conseil Général et c’est pourquoi, nous nous adressons à vous aujourd’hui.

            Depuis de nombreuses années, notre structure a été associée à différents groupes de réflexion ou de pilotage ayant trait à l’entretien du paysage dans notre vallée : plan de développement durable de l’agriculture, article 21, contrat global de développement, mission prospective développement, directive territoriale d’aménagement, groupe de réflexion du SUACI….

            Vivre en Tarentaise depuis au moins cinq ans s’intéresse de près au retour de la viticulture en Tarentaise. A la suite d’une enquête et de rencontres déterminantes, notre association a pu sensibiliser différents élus à ce sujet. Cette action a abouti à la restauration du vignoble de Cevins grâce à la mobilisation du maire de la commune, de Monsieur Michel Grisard, viticulteur réputé et de notre vice-président André Curtillat natif de Cevins.

            Cette réussite spectaculaire pourrait être suivie d’opérations similaires sur d’autres sites comme : Aigueblanche, Brides, Montgirod, Bellentre-Valezan et la Côte d’Aime . Depuis quelques années, nous nous sommes intéressés au site de la Côte d’Aime, car il porte un vignoble encore très étendu et en relatif bon état. Le site visible depuis Macôt est remarquable. Il y plus d’un an nous avons organisé avec le GEDA et la Chambre d’Agriculture une réunion publique au chef-lieu. Elle a montré que la population locale semble relativement favorable à la création d’une structure de type GFA. Aussi, la SAFER a été contactée à ce sujet. Le devis oral transmis à la commune l’a découragée un moment. Cet hiver notre association s’est mobilisée pour soutenir le maire de cette commune Monsieur Raymond Cressend. Nous avons délimité sur le cadastre les zones les plus faciles à reprendre et nous nous sommes penchés sur l’inventaire foncier. Ainsi, nous avons pu inventorier 7 hectares de terrain et informatiser les numéros de parcelles, les surfaces et les coordonnées des propriétaires.

            Il s’agit maintenant d’aller au-delà. Le Maire de la commune a contacté le Conseil Général afin d’obtenir une subvention permettant à la Safer de terminer le travail entrepris et d’aboutir à la création d’un GFA. Il semble qu’à ce niveau, on s’interroge sur la possibilité d’installer un jeune sur le futur vignoble. La question est légitime, mais il n’est pas possible d’y répondre dans l’immédiat. Une annonce diffusée il y a trois ans avait permis de détecter environ huit candidats en quelques semaines. Depuis ce projet traîne et on peut souhaiter que les personnes volontaires aient trouvées une autre terre d’accueil…

Il faut donc prendre les problèmes dans l’ordre :

1°) Constituer le GFA ou au moins en amorcer la formation.

2°) Obtenir des douanes et de l’Onivins des droits de plantation suffisants pour permettre l’installation d’une exploitation viable. Il existe une « tolérance » quant à la transmission des droits de plantation associés aux parcelles de vigne abandonnées et dont les propriétaires ont « oublié » de déclarer la fin d’exploitation. Cela permettrait de faire réapparaître 4 hectares de droits…

3°) Rechercher un candidat à l’installation et réaliser une étude financière prenant en compte sa situation.

Dans l’état actuel des choses, nous souhaitons simplement que l’on permette à la commune de mener à bien la création du GFA. La somme nécessaire serait de l’ordre de 5000 euros. Cette étape franchie ou en passe de l’être permettrait d’aborder les autres phases avec au moins quelque chose de concret « entre les mains ».

Depuis quinze ans, nous participons volontiers à toutes ces commissions qui réfléchissent à l’avenir de notre vallée. Il est bien rare que l’on n’aborde pas la lutte contre la friche, l’entretien des vergers ou des vignobles. Nous ajouterons que la zone d’appellation vin de pays d’Allobrogie s’arrête à Cevins. Une production de qualité plus en amont dans la vallée permettrait d’élargir cette zone jusqu’à Bellentre et Brides par exemple. Dans cette hypothèse (très optimiste) l’installation d’un jeune viticulteur serait grandement facilitée par l’octroi de 6 ha de droit de plantation pour chaque nouvelle installation. La réussite de l’opération de la Côte d’Aime pourrait alors bénéficier aux autre sites favorables..

Aussi, nous espérons que le Conseil Général voudra bien apporter son appui  à ce projet et agir ainsi en faveur de la préservation de notre patrimoine paysager. Nous nous excusons d’avoir été un peu longs dans ce courrier, mais ce dossier nous tient à cœur et nous nous tenons à votre disposition pour toute explication complémentaire.

 Nous vous prions de croire, Monsieur le Conseiller général, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs

le président, Alain Machet.