Tarentaise, tourisme et environnement.
Le tourisme est l’activité
principale de la Tarentaise. C’est une évidence. La question qui est posée
aujourd’hui est de savoir comment il est possible de faire perdurer cette
situation qui permet à la majorité des habitants d’en vivre ? La plupart
des acteurs concernés qu’ils soient élus, professionnels ou responsables de l’administration s’accordent
pour reconnaître qu’il faut mettre l’accent sur l’environnement au sens large
pour rendre durable l’activité touristique. Cette dernière est menacée par les
risques climatiques, le manque d’eau, les prix
pratiqués, la concurrence d’autres destinations, le coût du pétrole, des
« délocalisations » éventuelles ….
Une réflexion importante est engagée
actuellement sur la gestion de l’eau en amont d’Albertville. Une charte
forestière qui prend en compte tous les rôles de la forêt est en cours
d’élaboration. Ces thèmes sont très importants et on ne peut que féliciter
nos responsables de les aborder.
Mais une cohérence entre toutes les
actions envisagées est nécessaire, et dans cette optique, nous avons déjà fait
différentes propositions. Dans le domaine de la gestion des déchets. Nous
devons définir des objectifs ambitieux en matière de recyclage et trouver les
moyens de les atteindre. La loi 91.2 du 3 janvier 1991qui interdit la
pénétration des engins motorisés en
milieu naturel doit être respectée en Tarentaise comme ailleurs. Nous avons
droit au calme et au silence comme les touristes qui apprécient beaucoup cette
qualité environnementale. Il est possible de réaliser des économies très
importantes en matière d’éclairage public et nous avons proposé qu’une étude
soit engagée sur ce domaine. A travers le PSADER on peut espérer qu’il sera
possible de soutenir une activité agricole de qualité et indispensable pour
préserver la valeur de nos paysages. On peut souhaiter que la gestion de
l’espace à l’échelle de la vallée fasse aussi l’objet d’une réflexion
approfondie et rigoureuse avant qu’il ne soit trop tard…Si aucun cadre général
n’est fixé rapidement, les lotissements, les zones artisanales auront occupé en
quelques années les espaces peu pentus qui permettent le maintien de l’activité
agricole et le caractère de nos villages. Pour compléter toutes ces démarches
indispensables. Vivre en Tarentaise
voudrait aujourd’hui développer deux propositions :
1°) Le classement des sites emblématiques de Tarentaise.
En
effet, à la suite du projet de remontée mécanique Celliers-Valmorel, le
classement des vallons de Celliers est envisagé pour concrétiser les propositions du CAF et de VeT. La commune de
Sainte-Foy vient d’obtenir l’autorisation d’étendre son domaine skiable et de
construire plusieurs milliers de lits touristiques. Parallèlement, l’Etat a
insisté sur sa volonté de protéger le Vallon
du Clou. On sait bien que les responsables communaux sont encore réticents
vis-à-vis de cette mesure, mais une démarche collective pourrait peut être leur
permettre de franchir le pas. D’autres sites bien sûr mériteraient d’être reconnus, et nous n’avons
pas la prétention de dresser une liste complète. On peut malgré tout citer la
vallée des Glaciers, le secteur des Cinq Lacs, le lac de Presset et la Pierra
Menta, les arêtes du Charvet et la Dent du Villard…... Tout cela doit bien sûr
être envisagé en concertation avec les élus des communes concernées. Mais force
est de constater que les lieux cités ne sont pas à notre connaissance « convoités »
pour des projets d’aménagement.
Rappelons pour finir, qu’un site classé permet évidemment aussi bien la chasse que l’agriculture.
Si nos
élus, avaient collectivement, et dans un laps de temps resserré, le courage de
reconnaître la valeur d’un grand nombre des sites de notre vallée, cela
pourrait avoir une portée symbolique importante. Cet élan collectif devrait
avoir des répercussions très positives au moins sur le tourisme d’été.
2°)
La réalisation de trois gros centres d’information et de vulgarisation.
La
Tarentaise est déjà dotée d’un nombre important de petits écomusées. Il est
question d’en créer d’autres. Pourquoi pas ? Mais il nous semble qu’un
espace conséquent pourrait être réservé :
2.1)
Au thème de la forêt et de la filière bois.
Cette
maison serait dédiée à l’écosystème forestier, aux fonctions de la forêt, au
bois énergie, au travail artisanal du bois. On pourrait bien sûr y exposer des
réalisations locales dans le domaine de l’ébénisterie.
Pourquoi
pas un concours ou une exposition chaque
année dans ce domaine ? Il nous semble que ce thème pourrait drainer un
public important.
2.2) Au
thème de l’eau.
Les
résultats des nombreuses études en cours pourraient être exploitées. Il est
probable que tout ce qui touche aux milieux humides ou aquatiques intéresserait
également beaucoup de monde. Mais l’eau a joué un rôle important dans
l’histoire de la vallée : industrialisation et ensuite aménagements
hydroélectriques. Le dernier point mériterait d’être longuement développé
compte tenu de l’ampleur des aménagements qui ont été réalisés.
2.3)
Le thème du patrimoine naturel.
A notre connaissance, il n’y a pas
de lieu en Tarentaise ou l’on trouve des expositions permanentes sur la flore,
la faune et les particularités géologiques de la Tarentaise. Cela paraît
curieux compte tenu de la notoriété du Parc de la Vanoise, mais aussi des
autres massifs « périphériques ». Pourquoi ne pas présenter des films
ou des expositions à thème sur la flore, la faune etc…D’autres régions de
France nous ont précédé sur cette voie. Qu’attendons nous ?
Chacun de ces trois centres devrait être
pensé en associant les professionnels concernés, les associations, le PNV, les
pêcheurs, les chasseurs, des scientifiques, des historiens…Une salle de
documentation (livres, magasines, cartes, dépliants) serait bien sûr à
disposition des visiteurs. A partir de chaque « maison », des circuits
à thème seraient proposés avec pour les volontaires un encadrement par des
animateurs nature. La fréquentation des scolaires de tous âges devrait aussi
être prise en compte. Les lieux d’implantation devraient donc être mûrement
réfléchis. La population locale ne serait sans doute pas la dernière à venir
s’informer ou se divertir. Notre vallée pourrait ainsi se doter d’outils
permettant à tous de prendre conscience
de la valeur de ce patrimoine exceptionnel souvent mal connu.
Pour illustrer mon propos je
conseillerai au lecteur de visiter les sites :
http://www.element-terre.org/thematiques/etat_de_eau.html
http://www.auvergne-centrefrance.com/geotouring/maisons/jpimenu/jp_imagmenu.html
http://www.smq.qc.ca/mad/calendrier/fiches/activite.php?ID=68-55-156309
http://www.abries-ristolas.com/sources/h-maisondelanature.asp
http://valgaudemar.free.fr/ecrins.htm
http://www.les-ecrins-parc-national.fr/pop/jscar_a3.htm
http://www.paysdejosselin.com/04-vie-et-loisirs/MF/MF-01.htm
http://pagesperso.aol.fr/ricjasperso/paucourt_maison_de_la_foret_1.html
Les deux mesures que nous
développons quelque peu aujourd’hui pourraient compléter celles que nous avons
déjà citées en introduction. Il est clair que d’autres pistes doivent être
creusées, les économies d’énergie, les transports collectifs, les énergies
renouvelables, la qualité de l’air, le maintien et la présentation du
patrimoine architectural, la préservation des éléments paysagers originaux
(vignes et vergers)…
Mais en matière de communication il
serait important de montrer la cohérence de toutes ces mesures. Il serait bon
aussi de faire savoir que la Tarentaise a trouvé un équilibre entre des zones
très aménagées et des secteurs où il est possible de retrouver le « wilderness » sans aller à
l’autre bout de la planète…
Alain Machet pour Vivre en
Tarentaise
Le Villard d’Amont 73210 Landry
le 21 mars 2006