Captage d’eau dans la réserve naturelle
de Villaroger.
Quand le milieu naturel pourrait
contribuer à alimenter la spéculation immobilière.
L’association
Vivre en Tarentaise a pris connaissance du document, présenté lors du comité
consultatif de la réserve naturelle de Villaroger, relatif à un projet de
captage de sources. Il s’agirait de
compléter les réserves d’eau de l’ensemble des stations de ski du massif des
Arcs.
On découvre dans
le dossier que 2409 lits sont encore en projet sur les différents sites
touristiques de ce massif. Leur construction entraînerait en période de pointe
un déficit d’eau potable. L’ensemble du parc immobilier existant serait de
l’ordre de 40 000lits.
Il nous semble
important de poser la question de la nécessité de développer encore ce parc. La
présence supplémentaire de 2400 lits ne devrait pas modifier de façon
fondamentale les équilibres financiers de ce site touristique. L’abandon du seul projet
de 1694 lits permettrait de répondre à
la demande en eau avec les ressources actuelles. D’autre part, ces nouveaux
lits ne seront vraisemblablement remplis qu’en période de pointe. Ne doit-on
pas craindre une nouvelle fois une augmentation du nombre de lits « froids » ?
Cette fuite en avant ne peut que
retarder la recherche des solutions à mettre en oeuvre pour répondre à la baisse
progressive des lits touristiques mis en location.
On envisage de débourser 4 millions d’euros pour
effectuer ce captage. Une canalisation de quatre kilomètres devrait être
enfouie. Un ou plusieurs périmètres de protection mis en place.
La Tarentaise est
en train de mettre la dernière main à un contrat de bassin versant dont l’objet
est de préserver la qualité des milieux aquatiques. Un effort significatif allant
dans ce sens a été demandé à chaque collectivité. Il semble donc paradoxal
d’envisager de réaliser des travaux de terrassement importants dans un site
protégé et d’aller capter plusieurs sources dont le rôle dans le maintien de la
biodiversité de cette réserve naturelle mériterait d’être étudié.
Faut-il rappeler que la vocation d'une
réserve naturelle (Y compris de ses réserves en eau) n'est pas l'alimentation
en eau potable d'infrastructures touristiques, mais avant tout la préservation
des milieux naturels ? L'article 11 du décret de création est très clair:
"tout travail public ou privé est interdit, sauf les travaux nécessités
par l'entretien de la réserve (y compris l'entretien des bâtiments et
équipements existants) qui peuvent être autorisés par le préfet après avis du
Comité Consultatif."
Un nouveau captage ne peut en aucun cas être considéré comme un
"équipement existant". Il y a déjà des périmètres de captage dans la
réserve pour les sources alimentant Le Planay, mais ces captages existaient
avant la création de la réserve!
La disparition des
sources de Pré de Lay et la mise en place des périmètres de protection
supplémentaires ne risquent t-elles pas de compromettre la reprise des deux
exploitations agricoles présentes sur le site ?
La relance du
tourisme d’été, impose à notre vallée de faire porter ses efforts sur la
valorisation de son patrimoine et sur la
protection de ses paysages. Les problèmes climatiques nous imposent également
de recourir davantage aux transports en commun et donc de réduire ces
phénomènes de pointe (saturation de la voie ferrée ou de la RN 90) qui entraînent des travaux coûteux et
nuisibles pour notre patrimoine.
L’association
Vivre en Tarentaise estime donc que la
priorité est l’abandon de projets immobiliers qui risquent d’avoir des
retombées très négatives sur notre patrimoine naturel.
Au nom de l’association, le président
Alain Machet, le 26 juin 2009