Vivre en Tarentaise, le 3 mars 2002

A Messieurs les Maires de Haute Tarentaise.

Messieurs les Maires,

 

Nous avons reçu il y a quelque temps un courrier du SIVOM de Haute Tarentaise concernant l'inventaire des sites au titre de " Natura 2000 ". Si nous avons bien compris ce texte, les communes signataires, refuseraient d'accepter que les zones inventoriées par l'administration figurent dans cet inventaire.

L'association " Vivre en Tarentaise " se demande pourquoi les élus français sont les derniers d'Europe à traîner les pieds pour fournir la liste des sites retenus ? Elle s'interroge sur le refus d'une gestion concertée de ces quelques secteurs de surface modeste. L'un d'entre eux se trouve dans le parc de la Vanoise et il n'est pas question de transformer les autres en réserve naturelle. Avec un peu de bonne volonté, il semble possible de concilier dans un même espace des activités comme l'agriculture, la chasse, la pêche, l'exploitation forestière, la randonnée et la protection de la nature.

Peu de sites ont été sélectionnés en Tarentaise (nous le regrettons…). A notre connaissance seule la flore justifie ce choix. Les espèces végétales concernées figurent sur la liste nationale des espèces protégées. Il n'appartient à aucun élu local d'autoriser des travaux ou des activités contraires à la loi française. Ces élus par contre ont la lourde responsabilité de préserver ce patrimoine, qui appartient à toute l'Humanité. Chacun à son niveau doit participer au maintien de la biodiversité. Il s'agit d'un enjeu planétaire, qui dépasse la spéculation foncière menée par quelques personnes.

La France est un pays riche qui doit donner l'exemple. La Tarentaise est une région où l'on vit bien et pour préserver cette qualité de vie, il lui faut absolument accorder de l'intérêt et de l'argent à la protection de son patrimoine. C'est à ce prix que la vallée pourra continuer à vivre du tourisme….

Certains élus s'inquiètent d'une éventuelle restriction du ski sur les zones concernées. Notre association n'en voit pas l'intérêt dans la mesure où les plantes sont protégées par le manteau neigeux.

Il en va de même pour d'éventuels travaux sur les secteurs concernés. Mais dans ce cas précis, le statut " d'espèce protégée " des végétaux inventoriés " suffirait à interdire les éventuels travaux. Alors à quoi bon refuser une concertation avec les différents " utilisateurs " du site ?

Quelques élus ont probablement en tête différents projets d'extension d'urbanisation ou de remontées mécaniques. Notre association espère vivement que ces projets ne pourront pas aboutir.

L'Etat à travers ses différents services s'efforce, semble-t-il, de faire comprendre aux élus de Tarentaise qu'il est suicidaire de continuer à développer l'industrie de l'Or blanc. Cette activité est suspendue aux aléas climatiques, à la mode, aux exigences de qualité et d'authenticité de la clientèle, et surtout à la capacité routière de la RN90, qui est largement saturée.

L'heure est au tourisme patrimonial, à la gestion globale de l'espace Tarentaise, à l'intercommunalité. Cette évolution inéluctable demandera du temps. Elle impliquera la mise en commun des patrimoines et des moyens, du moins l'espérons-nous. Cette nouvelle conception de la gestion de l'espace se traduira par le développement de solidarités financières entre les communes supports d'équipements lourds et celles qui apporteront leurs " espaces vierges "…Science fiction ou réalité dans un avenir proche, l'avenir nous le dira.

Pour terminer, Vivre en Tarentaise, voudrait préciser que ce courrier n'a pas été rédigé dans l'intention de provoquer ou d'accuser qui que ce soit. Elle souhaite apporter sa modeste contribution à la nécessaire évolution de la position des élus sur ce dossier. Elle forme le vœux que le débat puisse se poursuivre dans un esprit de tolérance et de respect mutuel.

 

Nous vous prions de croire, Messieurs les Maires, à l'assurance de nos sentiments les meilleurs.

 

Au nom de l'association, le président Alain Machet.