à Monsieur le Préfet de la Savoie, le 22.11.05
micro-centrales en Tarentaise
Monsieur le Préfet,
Différents
projets de microcentrales sont soit évoqués, soit en cours d’étude en
Tarentaise : à Champagny, à Seez, à Bonneval Tarentaise, à Naves et dans
la vallée de la Grande Maison.
Comme
vous le savez, une réflexion globale est en cours dans notre vallée sur la
gestion de l’eau. Tous les aspects devraient
être traités : qualité, maintien des milieux humides, sécurité et gestion
quantitative. La flambée des prix du pétrole devrait nous orienter, c’est
évident, encore plus que par le passé vers les énergies renouvelables. Dans cet
esprit, personne ne peut se désintéresser des gains potentiels éventuels dans
le domaine de l’hydroélectricité.
Cependant,
la Tarentaise est déjà très équipée dans ce domaine. La plupart des cours d’eau
susceptibles d’être captés le sont déjà. Certaines installations ont été
réalisées sans que l’on se préoccupe du maintien de la vie aquatique. Par
exemple sur le Ponturin, plusieurs microcentrales se succèdent et aucune
d’entre elles n’est franchissable par les poissons.
Par
ailleurs, les débits réservés ne sont pas toujours adaptés au maintien de la
biodiversité et de la vie aquatique, lorsqu’il s’agit de petits torrents en
particulier. En hiver ces ruisseaux peuvent
geler et toute survie devient quasi-impossible.
Dans le
cadre de la réflexion globale menée actuellement nous souhaitons que l’on fasse un inventaire des torrents qui n’ont fait l’objet d’aucun
aménagement et qui présentent un intérêt pour le maintien de la biodiversité et
de notre patrimoine. Il parait indispensable que les bassins versants de la
Haute Isère et des Dorons puissent conserver quelques ruisseaux « témoins »
vierges de tout aménagement.
D’autre
part, il nous semble important de souligner la nécessité de réexaminer la
question des débits réservés. Ne faudrait-il pas envisager une variabilité de
ces débits au cours de l’année, de façon à optimiser les chances de survie des
poissons ? En effet, le dixième du module annuel est insuffisant dans les
torrents de montagne en période hivernale.
Enfin,
et en attendant qu’une étude fasse le point sur cet aspect de la gestion de
l’eau, nous espérons que vous voudrez bien repousser toute décision de nouvelle
implantation.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à
l’assurance de nos sentiments respectueux.
Au nom de l’association : le Président Alain
Machet