Vivre en
Tarentaise, à Madame la Sous-Préfète d’Albertville
Objet :
captage d’eau dans la réserve naturelle de Villaroger. Le 26 juin
2009
Madame la Sous-Préfète,
Nous avons pris connaissance
du document, présenté lors du Comité Consultatif de la Réserve Naturelle de
Villaroger, relatif à un projet de captage de sources. Il s’agirait de compléter les réserves d’eau
de l’ensemble des stations de ski du massif des Arcs.
On découvre dans
le dossier que 2409 lits sont encore en projet sur les différents sites
touristiques. Leur construction entraînerait en période de pointe un déficit
d’eau potable. L’ensemble du parc immobilier existant serait de l’ordre de
40 000lits.
Il nous semble
important de poser la question de la nécessité de développer encore ce parc. La
présence supplémentaire de 2400 lits ne devrait pas modifier de façon
fondamentale les équilibres financiers de
ce site touristique. L’abandon du seul projet de 1694 lits
permettrait de répondre à la demande en
eau avec les ressources actuelles. D’autre part, ces nouveaux lits ne seront
vraisemblablement remplis qu’en période de pointe. Ne doit-on pas craindre une
nouvelle fois une augmentation du nombre de lits froids ? Cette fuite en
avant ne peut que retarder la recherche
des solutions à mettre en oeuvre pour répondre à la baisse progressive des lits
touristiques mis en location.
On envisage de débourser 4 millions d’euros pour
effectuer ce captage. Une canalisation de quatre kilomètres devrait être
enfouie. Un ou plusieurs périmètres de protection mis en place.
La Tarentaise est
en train de mettre la dernière main à un contrat de bassin versant dont l’objet
est de préserver la qualité des milieux aquatiques. Un effort significatif
allant dans ce sens a été demandé à chaque collectivité. Il semble donc
paradoxal d’envisager de réaliser des travaux de terrassement importants et
d’aller capter plusieurs sources dont le rôle dans le maintien de la
biodiversité de cette réserve naturelle mériterait d’être étudié.
Faut-il rappeler
que la vocation d'une réserve naturelle (y compris de ses réserves en eau)
n'est pas l'alimentation en eau potable d'infrastructures touristiques, mais
avant tout la préservation des milieux naturels ? L'article 11 du décret de création est très
clair: "tout travail public ou privé est interdit, sauf les travaux
nécessités par l'entretien de la réserve (y compris l'entretien des bâtiments
et équipements existants) qui peuvent être autorisés par le préfet après avis
du Comité Consultatif."
Un nouveau captage ne peut en aucun cas être considéré comme un
"équipement existant".
Il y a déjà des périmètres de captage dans la réserve pour les sources
alimentant Le Planay, mais ces captages existaient avant la création de la
réserve!
La disparition des
sources de Pré de Lay et la mise en place des périmètres de protection
supplémentaires ne risquent t-elles pas de compromettre la reprise des deux
exploitations agricoles présentes sur le site ?
La relance du
tourisme d’été, impose à notre vallée de faire porter ses efforts sur la
valorisation de son patrimoine et sur la
protection de ses paysages. Les problèmes climatiques nous imposent également
de recourir davantage aux transports en commun et donc de réduire ces
phénomènes de pointe (saturation de la voie ferrée ou de la RN 90) qui entraînent des travaux coûteux et
nuisibles pour notre patrimoine.
L’association
Vivre en Tarentaise estime donc que la
priorité est l’abandon de projets immobiliers qui risquent d’avoir des
retombées très négatives sur notre patrimoine naturel.
Au nom de
l’association le président Alain Machet.