AVIS du "COMITE de VIGILANCE contre un projet de CENTRALE d' ENROBES à CHAUD à St MARCEL-POMBLIERES (Savoie) ".

 

Ce Comité regroupe très largement tous les opposants à ce projet : Associations de Parents d'élèves des différents établissements scolaires, Associations Sportives, de Protection de la Nature (Vivre en Tarentaise), CIVAM, Syndicats Hospitaliers, CSF et des personnes physiques, tous confortés par une pétition de 2500 signataires et l'avis défavorable des 6 Communes concernées: St Marcel, Moutiers, Salins, Hautecour, Aigueblanche, Feissons-sur-Salins.

Ce Comité tient à vous faire part de l'avancement de ce projet et avant tout d'établir un rapide historique :

 

- Depuis quelques années les grandes sociétés d'enrobés (revêtements routiers) ont essayé régulièrement de s'implanter au coeur de la vallée de la Tarentaise. La société LEFEVRE (EUROVIA) qui possède déjà la carrière de St Marcel-Pomblières, vient de déposer une nouvelle demande sur ce site, considérant tous les avantages économiques et commerciaux qu'elle peut tirer pour elle par ce voisinage. Production prévue : 60 000T.

- Dans le dossier d'enquête (étude d'impact), nous avons bien sûr retrouvé la même liste de pollutions inhérentes à ce genre d'installation classée : émissions gazeuses - bruits - trafic camions - risques de pollution accidentelle des eaux - stockage de matériaux inflammables.

- Le dossier précise que les émissions gazeuses sont globalement composées de MONOXYDE de CARBONE, ANHYDRIDE SULFUREUX, OXYDE d'AZOTE, HYDROCARBURES POLYCYCLIQUES auxquels viendront s'ajouter toutes les poussières de SILICE venant du transport et manutention des granulats.

-Le dossier précise bien que les filtres seront "aux normes en vigueur" mais que, sur un débit de 52 800 T/h de poussière, 2,64 Kg/h seront rejetés dans l'atmosphère (moyenne de 10H de travail par jour = 26Kg/jour ).

 

- Il est établi que les émanations de ce type sont impliquées dans les affections respiratoires, associées à la pollution atmosphérique. De plus les particules fines de silice qui seront véhiculées sur de longues distances, ont le pouvoir de pénétrer dans les appareils respiratoires. Les HYDROCARBURES POLYCYCLIQUES (HAP) présentent quant à eux, des risques cancérigènes.

- Cette pollution gazeuse n'aura aucune possibilité de dissémination dans cette vallée de Tarentaise au profil resserré et étroit. Si les premières habitations sont à 400 mètres environ, nous trouvons l'hôpital à 700 mètres ainsi que la première école Primaire et un Foyer de Personnes Agées; soit dans un rayon de 1300 mètres, une population de 5000 habitants et des implantations scolaires et sportives regroupant plus de 2000 élèves.

- Le trafic généré par 70 à 100 camions/jour risque d'aggraver la circulation et les accidents sur l'unique route de la vallée, même si celle-ci doit être élargie pour permettre de fluidifier le flux touristique souvent à saturation actuellement.

- La proximité de l'Isère pose le problème de risques de pollution accidentelle (ou par négligence), malgré les précautions que l'entreprise s'engage à prendre.

- Cette installation ne se justifie pas par son aspect économique (5 emplois saisonniers) dans une vallée touristique où restent implantés de gros groupes industriels. Ceux-ci pèsent déjà sur la qualité de l'air dans notre vallée (MSA à St Marcel classé SEVESO, PECHINEY et UNION-CARBIDE à La Léchere). Quant à l'approvisionnement en enrobé de toute la Tarentaise, il s'est toujours fait sans problème à partir des centrales existantes d'Albertville (déjà en sous-production) ou de Montmélian. De fait, les travaux neufs mais ponctuels de la RN 90 ne justifient pas une telle unité, sinon de prendre le risque de renvoyer cette production sur Albertville...

- Cette société qui exploite déjà sur le site une installation provisoire d'enrobé depuis une année vient de se faire piéger en enterrant quelques 200 tonnes de déchets (filtres à manches usagés, fûts, filtres à huile de ses engins...) qu'elle aurait dû évacuer réglementairement dans une décharge classée. Devant un tel comportement, l'Association "VIVRE en TARENTAISE" a déposé plainte auprès du Procureur. Quelle confiance peut-on accorder aujourd'hui à la gestion de cette entreprise, malgré les bonnes intentions qu'elle affiche dans son dossier ?

- L'avis du Commissaire Enquêteur, qui n'a aucunement tenu compte des remarques et des craintes émises par les Conseils Municipaux, les Associations et la Population, est nettement favorable à l'Entreprise.

- La question de l'objectivité se pose, ainsi que celle de l'intérêt de ce genre d'enquête publique si l'avis du plus grand nombre n'est même pas pris en considération.

- L'intérêt économique doit-il l'emporter sur des risques sur la santé ?

- Les problèmes survenus sur la région d' Albertville ne devraient-ils pas poser le principe de précaution face à ce genre de situation ?

 

A Moûtiers le 13 avril 2002.

 

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