Objet : déposition lors de l’enquête publique relative au réaménagement du lit inférieur du torrent du Saint Pantaléon, Villages de Gondon, 73700 Bourg Saint Maurice.

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            Les travaux envisagés font suite aux nombreuses crues torrentielles qui se sont produites au cours des dix dernières années. Il faut noter que ce problème est général sur le versant des Arcs. Plusieurs torrents parallèles connaissent le même problème et font planer un risque sur les biens et sur les personnes. Les études hydrauliques menées ont montré que l’urbanisation et le remodelage du relief de la station de ski des Arcs ont provoqué une intensification des débits de pointe sur les différents ruisseaux du versant. Cela est d’ailleurs signalé page 6 du document soumis à l’enquête.

         Compte tenu de l’intensité des crues observées lors du dernier épisode d’octobre 2000, il semble généralement admis que des travaux de correction et de captage très importants sont nécessaires sur plusieurs cours d’eau prenant leur source sur le massif des Arcs. Il est bien évident que la définition et le financement de ces travaux nécessitent du temps. Cependant, il faut constater qu’il aura fallu attendre trois années pour que le hameau des Villards à Landry bénéficie d’une digue rehaussée et renforcée, et quatre années pour que l’on envisage des aménagements sur le cône de déjection du Saint Pantaléon. On remarque bien en caractères gras page 7 du dossier que le projet soumis à enquête n’est qu’une première étape de travaux de plus grande envergure. Cette affirmation est à la fois intéressante et insuffisante. En effet, s’il a fallu attendre quatre ans pour voir démarrer des travaux dont l’ampleur et le coût restent modestes face aux moyens mis en oeuvre pour aménager le domaine skiable, il est permis de se demander durant combien de temps la population devra encore patienter pour voir le problème traité dans sa globalité. Aussi, l’association Vivre en Tarentaise souhaite-t-elle qu’une programmation détaillée des différents travaux envisagés sur l’ensemble du versant soit établie et publiée. Les premières lignes  de la page 7 paraissent inquiétantes. La réalisation du  « traitement global » ne pourra être réalisée sur le court terme. Il est donc permis de penser que le dossier aujourd’hui soumis à enquête est destiné pour un part à faire patienter les habitants des villages concernés, même si l’association Vivre en Tarentaise reconnaît volontiers que les travaux envisagés devraient améliorer la sécurité des personnes.

 

         En ce qui concerne le projet lui-même, nous nous permettons de poser quelques questions et de faire quelques suggestions.

1°) Le « tunnel » de diamètre 1m qui devrait permettre de maintenir la circulation du ruisseau dans son lit actuel, en dehors des périodes de crues, ne risque t-il pas de s’obstruer complètement lors du prochain épisode orageux ? Comment procéder pour le déboucher ? Ne faudrait-il pas mettre des grilles en place aux deux extrémités pour éviter le transit de gros rochers, mais aussi la circulation d’animaux, de  personnes et d’enfants.

2°) La création du nouveau lit va s’effectuer pour une bonne part dans des prés et des vergers. Nous avons bien noté qu’il est question de réaliser des talus de faible pente qui pourront être fauchés ou pâturés. Nous nous permettons d’insister sur le ramassage des pierres indispensable pour que la fauche soit effectivement possible.

3°) Le chemin sympathique qui relie les deux villages sera rétabli avec un pavage à l’ancienne. Bravo ! Il serait possible de compléter cette bonne intention paysagère en replantant les deux côtés du chenal avec des pommiers, des poiriers ou des noyers. Ces arbres, suffisamment espacés permettraient de rappeler un peu l’ambiance initiale du secteur et de concilier l’exploitation agricole. Leur présence atténuerait bien sûr l’artificialisation inévitable du site suite aux divers terrassements. L’achat d’une centaine d’arbres ne devrait pas trop « grever » le budget  de l’opération.

4°) La suppression dans le village de Petit Gondon des digues existantes paraît être une bonne chose. Il faudra bien sûr l’accompagner par une remise en état des berges du torrent. Là aussi, il serait peut être possible de replanter quelques arbres pour atténuer l’impact des terrassements.

5°) L’association « Vivre en Tarentaise » laissera aux spécialistes le soin de porter une appréciation technique sur l’espace prévu d’une part sous le franchissement de la route départementale et d’autre part sous la voie ferrée. Cependant les sections nous paraissent un peu faibles, compte tenu de la hauteur des vagues de boue observées dans le ruisseau voisin des Villards (6m !). Que se passerait-il si l’un des deux passages venait à être obstrué ? Il est vrai que le chenal semble conçu pour servir partiellement de plage de dépôt, mais il nous semble que la question mérite d’être posée.

6°) Le franchissement de la piste cyclable est prévu par un busage de 0.8m sur 2.50m de large. Là aussi, on peut s’interroger sur la capacité de cette section à évacuer une grosse lave torrentielle. Un passage, plus étroit il est vrai, sur le ruisseau des Villards a du être récemment largement agrandi pour éviter l’envahissement de la piste cyclable par les coulées de boue.

7°) Le rétablissement d’un débit normal dans le Saint Pantaléon paraît tout à fait souhaitable afin de permettre la reprise d’une vie aquatique normale dans la partie inférieure du lit. La même mesure avait été annoncée pour le ruisseau des Villards l’année passée et il ne semble pas à ce jour que cette mesure ait été mise en œuvre.

 

En conclusion l’association « Vivre en Tarentaise » espère :

§         que ses diverses remarques pourront être prise en compte

§         qu’une programmation rapide et détaillée des mesures envisagées à l’échelle du versant  sera  établie.

§         que le milieu associatif (dont VET bien sûr) sera consulté et informé au fur et à mesure de la  définition des projets de stabilisation ou de captage.

 

 

 

                   Au nom de l’association : le président Alain Machet, le 20 juin 2004.