Humour ou humeur?
Gardarem les embouteillages !
Chaque samedi d'hiver notre
riante vallée est animée par le spectacle attendrissant de nos chers touristes
confortablement installés dans leurs véhicules dans la douce chaleur procurée
par le chauffage des moteurs, petits bijoux de rendement énergétique et qui
nous apportent un peu de l'air odorant d'une grande métropole.
Ceux qui ont des enfants savent
le bonheur que procurent ces heures d'attente en famille dans les
embouteillages et comment ce temps passé à admirer le paysage permet
d'accumuler de l'énergie pour mieux apprécier ensuite les joies des sports
d'hiver.
Ceux qui parmi nous travaillent
dans les structures d'accueil, de transport, de nettoyage ont, le temps d'un
samedi, l'occasion de se surpasser et de se débarrasser en quelques heures de
l'essentiel du travail de la semaine. Les commerçants prennent le temps de
souffler un peu: tant que les gens sont dans les voitures ils n'encombrent pas
les magasins.
Mais les aspects positifs de
ces petites fêtes hebdomadaires ne s'arrêtent pas là: la douzaine de samedis
bouchonneux permet de justifier auprès des pouvoirs publics l'impérieuse
nécessité de transformer un fond de vallée notoirement improductif (de l'herbe
et des vergers alors que nous entamons le 3° millénaire! )
en route à 4 voies, judicieusement rétrécie par endroits afin de ne pas tuer
trop vite la poule aux œufs d'or. Pêcheurs, kayakistes et autres contemplatifs
sauront par exemple apprécier la majesté audacieuse des ouvrages d'art de la
déviation de Centron.
Les fonds publics trouvent ici
une excellente occasion de soutenir l'activité des entreprises de travaux tout
en épongeant un peu les excédents budgétaires.
De dangereux extrémistes
essayent perfidement de saper cette belle organisation en tentant de persuader
certains responsables de structures d'accueil de proposer à une partie de leur
clientèle des séjours non plus du samedi au samedi mais du dimanche au dimanche
ou du vendredi au vendredi, voire même des séjours plus courts qui mettraient en
péril notre mode de vie en ouvrant les portes de nos stations à des individus qui
s'offriraient sans vergogne un jour ou deux de congé afin de rallonger un week-end
( encore un effet pervers des 35 heures ).
Ils ont même le culot de
prétendre que les économies réalisées sur les infrastructures routières
pourraient permettre d'envisager des incitations fiscales (taxe de séjour, taxe
professionnelle..) pour ceux qui seraient prêts à expérimenter leur odieuse
combine.
Nous devons réagir rapidement
si nous ne voulons pas que cette idée subversive fasse son chemin et mette en
péril la production de béton qui fait le charme de notre belle vallée.
Vivre en Tarentaise
Le Villaret
73550 LesAllues