Vivre en Tarentaise
Association agréée pour la protection de la nature
Le Villaret 73550 Les Allues
le 10.11.2004
A Mesdames et Messieurs les Maires de Tarentaise.
Objet : circulation des engins motorisés.
Mesdames
et Messieurs les Maires,
Nous
avons l’honneur d’attirer de nouveau votre attention sur la circulation des
engins motorisés en milieu naturel. Comme vous le savez, on observe de plus en
plus de motos ou de quads circulant sur les sentiers ou dans les alpages. Des
motos trial, dont l’utilisation est réduite aux circuits autorisés à cet effet,
se promènent en ville, sur route et bien sûr dans les prés au mépris de la
législation en vigueur.
Parallèlement,
on assiste à une « explosion » de la vente de quads, dont
l’utilisation sur route paraît sans intérêt. On ne doit donc pas s’étonner de
constater une prolifération des infractions à la loi 91.2 du 3 janvier 1991
depuis quelques mois.
Il
n’y pas que les associations qui s’inquiètent. Beaucoup d’élus s’interrogent
sur l’attitude à adopter car cette situation porte atteinte à notre qualité de
vie à travers notamment des nuisances sonores intolérables. Les élus sont
inquiets aussi, parce que le tourisme d’été régresse et que le maintien de la
fréquentation estivale impose que les personnes qui séjournent dans la vallée y
trouvent ce qu’ils recherchent : le silence et des paysages au caractère
non dégradé par la présence d’engins motorisés.
Quelques
vendeurs de motos ou de quads, profitent sans doute de cette situation.
Cependant, il nous paraît malhonnête de vendre massivement des engins dont
l’utilisation est limitée à des circuits ouverts à cet effet..
Il en va de même pour l’installation de dispositifs d’échappement non
homologués.
En
dehors des quelques personnes qui vendent ou louent, il faut bien reconnaître
que la population locale est victime du bruit associé à cette pratique illégale
et que les touristes ont tendance à déserter notre vallée durant l’été.
Il
est peut être temps de prendre des mesures à l’échelle de la vallée pour
encadrer ce phénomène, en rassemblant différents partenaires.
Les Maires des communes responsables
du respect de la loi sur le territoire qui les concerne.
Les Présidents des structures
intercommunales qui ne sont pas forcément compétents légalement, mais qui au
moins moralement peuvent influer sur les stratégies à envisager à l’échelle
d’un canton.
Les services préfectoraux.
Tous les agents susceptibles de
constater les infractions et de verbaliser.
Les représentants du monde agricole.
Les associations de protection de la
nature.
Les structures représentatives des
chasseurs et des pêcheurs.
L’association
Vivre en Tarentaise propose qu’une action soit entreprise dans plusieurs
directions.
1°) Information systématique de la
population de la législation en vigueur, par le biais des bulletins municipaux.
Réalisation d’une affiche sur ce thème.
2°) Action collective de maîtrise de
la circulation sur les pistes d’alpage. Rédaction d’arrêtés municipaux en
réservant l’usage aux exploitants agricoles. Pose de barrières et de panneaux
d’information.
3°) Action de contrôle et de
répression de la part des services compétents. Si tous les personnels
concernés sont absorbés par d’autres tâches, il serait peut
être intéressant de recruter un ou plusieurs « garde champêtre » par
le biais des structures intercommunales. Ces personnes pourraient intervenir
dans d’autres domaines bien sûr, par exemple effectuer des contrôles en matière
de tri sélectif des déchets ménagers.
4°) Demander aux loueurs et vendeurs
d’engins de bien préciser les conditions d’utilisation.
5°) Si toutes ces propositions étaient
mises en œuvre, les associations pourraient peut être tolérer l’ouverture de
quelques terrains destinés à la pratique motorisée. Par exemple sur les
domaines skiables dont l’intérêt paysager est malheureusement souvent limité.
Cela s’est fait pour les moto- neige, alors pourquoi pas pour d’autres
engins ? Une condition impérative serait que les engins soient dotés de
silencieux performants.
L’association vivre en Tarentaise n’a
pas la prétention d’avoir fait le tour de la question, mais elle espère que ce
sujet sera abordé rapidement au sein des conseils municipaux ou des cantons.
Nous savons que certains élus sont ouverts à cette idée.
En espérant que nos propositions
pourront être prise sen compte, et en restant à votre disposition, nous vous
adressons, Mesdames et Messieurs les Maires, nos sincères salutations.
Au nom de l’association, le président
Alain Machet