Vivre
en Tarentaise à Monsieur Sarkozy, Président
de la République, Mr. Borloo, Ministre de l'Ecologie, Mme Kosiusko
Morizet, Secrétaire d'Etat à l'Environnement, le 11 septembre 2007.
Objet :
bruit des engins motorisés de loisirs
Monsieur le
Président,
Nos associations œuvrent sans relâche
depuis plus de trente ans à la protection de la nature sous tous ses
aspects. En partenariat constant avec un
grand nombre d’associations nationales ou locales, elles tentent notamment,
depuis toujours, de limiter les nuisances liées à l’essor continu des pratiques
de loisirs motorisés dont les débordements sont encadrés, en principe, par la
loi 91.2 du 3 janvier 1991.
Dans le cadre du futur "Grenelle
de l’environnement", par la voix des représentants de la Fédération France
Nature Environnement (FNE), la CALME (Coordination nationale pour l’adaptation
des loisirs motorisés à l’environnement) devrait présenter différentes
propositions pour mieux gérer ces pratiques motorisées.
Par
la présente et devant l’urgence, nos associations tiennent à attirer votre
attention, Monsieur le Président, sur un problème particulièrement aigu : il
s’agit du bruit engendré par ces pratiques, qu’elles soient licites ou
illicites. Il est en effet de notoriété publique qu’un nombre anormalement
important de ces engins circulent avec des silencieux "trafiqués"
ou hors normes. Leur cylindrée est le plus souvent nettement supérieure à la
valeur d’origine.
Ainsi,
dans les rues de nos villes et de leurs banlieues, à la campagne, sur nos
littoraux, des milliers de personnes sont agressées quotidiennement, jusque
dans leurs heures de repos, par les émissions sonores de ces machines.
Ces
nuisances, dénoncées à chaque enquête nationale comme les plus insupportables
par une majorité écrasante de nos concitoyens parce que contraire à leur
aspiration au calme, au silence et à la santé, sont à l’origine de conflits
d’usage de plus en plus fréquents et violents. Vous comprendrez, Monsieur le
Président, que nos associations s’en inquiètent.
En attendant que, conformément à nos
vœux, un coup d’arrêt significatif soit donné par la loi à la promotion
publicitaire, la commercialisation et aux pratiques de loisirs motorisés
terrestres, nautiques et aériens, nous pensons faire notre
« métier de citoyens » en suggérant :
q
la définition d’un seuil unique
de niveau sonore tolérable autorisé,
q
l’obligation d’une double
immatriculation (avant et arrière) de tous les engins motorisés terrestres et
nautiques,
q
un contrôle technique obligatoire et périodique de l’échappement
et du niveau sonore,
q
un soutien efficace
à la mise en place de brigades d’intervention spécialisées destinées à
intervenir prioritairement dans les espaces naturels sensibles et les côtes et
rivages de notre territoire.
En
2001, un groupe de travail du Ministère de l’Environnement avait travaillé sur
ce sujet. Il avait avancé une série de propositions qui avaient suscité
l’intérêt des associations de protection de la nature (document joint en référence). Les années
ont passé et, comme trop souvent, faute d’une volonté politique suffisante, ces
vertueuses intentions n’ont été suivies d’aucun effet.
Nous
apprécierions que vous imposiez dans ce domaine l’une de ces ruptures attendues
avec impatience par nombre de nos concitoyens ?
En espérant que vos services voudront
bien s’attaquer à ce fléau avec volontarisme, nous vous adressons Monsieur le
Président, nos salutations les plus respectueuses.
Au
nom de Vivre en Tarentaise, Alain
Machet, président.