Le bruit des deux roues à moteur.
Il n’est pas
question ici de remettre en cause l’utilité des deux roues à moteur. Il est
bien évident que ces engins sont très utiles pour de petits déplacements. Ils
permettent à beaucoup de jeunes gens (voire à de moins jeunes) de circuler et
de se rencontrer. De plus, dans l’optique d’une société plus économe en
carburant, il serait souhaitable probablement d’en développer l’usage. Mais cet
usage doit être l’objet d’une attention
particulière en matière de sécurité et rester conforme à la législation en vigueur.
Les nuisances
sonores générées par les deux roues à moteur sont l’un des premiers motifs de
plainte des élus locaux et de la population française. Le bruit peut avoir bien
sûr des conséquences psychologiques et physiologiques très importantes. Il
représente également tout ce que l’on cherche à fuir en habitant ou en se
promenant en montagne. Le silence est une des qualités essentielles recherchées
par les touristes qui viennent en vacances chez nous.
Liberté du
motard et droit au silence du citoyen. Elles présentent une différence
d’échelle considérable. Un seul motard
dérange potentiellement plusieurs milliers de personnes. Il monopolise cet espace alors que le bruit produit
empêche tous les autres de trouver le calme nécessaire à leur équilibre, à leur
activité, au sommeil…Un marcheur occupe un mètre carré et encore sans déranger
personne….Le nombre d’utilisateurs de deux roues est très réduit par rapport au
reste de la population.
La circulation
des engins à moteur est interdite dans le milieu naturel en dehors des voies
ouvertes à la circulation (loi 91.2 du 3 janvier 1991). En particulier, la
circulation des motos sur les sentiers ou dans les prés est parfaitement
illégale. Cette loi est mal connue ou ignorée par de nombreux motards. Les
motos non immatriculées ne peuvent circuler sur les routes (et encore moins sur
les sentiers). Leur usage est réservé aux circuits prévus à cet effet.
En matière de
bruit, une réglementation européenne devrait s’appliquer en juin 2003. En
attendant, la réglementation actuelle fait appel à plusieurs textes.
Le code de la route permet de verbaliser tout véhicule qui
paraît exagérément bruyant sans qu’aucune mesure au sonomètre ne soit
nécessaire.(articles R 325.8 et 318.3) C’est le texte le plus fréquemment
utilisé par les forces de l’ordre pour verbaliser les personnes qui exagèrent.
Une contravention de 3ème classe est dressée et le matériel peut
être saisi.
Le code pénal (article R 623.2) réprime le bruit ou le tapage
nocturne troublant la tranquillité. Ce texte peut être invoqué pour sanctionner
un comportement anormalement bruyant. (Contravention de 3ème classe
et saisie du matériel).
Le niveau sonore mesuré hors sur régime, doit être compris entre
66dBA et 80dBA suivant la puissance et la vitesse maximale des engins. (décret
75.960 du 17 octobre 1975 et code de la route article 321.4).
Beaucoup de pots d’échappement ne sont pas conformes aux
normes : 90% des silencieux montés en remplacement sont illégaux …) Les
professionnels connaissent la réglementation, mais se réfugient derrière un
formulaire rempli par l’acheteur déclarant vouloir utiliser le dit dispositif
uniquement sur circuit spécial….Pourtant, des sanctions sont applicables aussi
bien au vendeur qu’à l’acheteur.
A la décharge des utilisateurs, il faut reconnaître que les pots
non homologués sont souvent moins chers que les silencieux légaux. D’autre
part, lors d’un achat d’occasion, il est difficile de savoir si tout
l’équipement est conforme. Pour cela, il faut souvent démonter le pot et
interpréter différents codes gravés sur la pièce suspecte. Mais attention tout
professionnel en a la capacité….On sait bien aussi que de nombreux moteurs
subissent des transformations pour augmenter leur puissance. Cette pratique
aggrave évidemment les nuisances sonores.
Les motards, ne sont pas tous conscients des nuisances qui accompagnent leurs déplacements en deux roues. Beaucoup, de bonne foi, pensent que leur matériel est conforme à la législation, alors qu’il n’en est rien ! Certains recherchent un gain de puissance en ayant recours à du matériel non homologué. La notion de puissance est liée souvent de façon irrationnelle au bruit produit. En réalité, il semble que le gain effectif soit relativement faible…Les fédérations de motards (FFM et FMC), conscientes de la mauvaise image véhiculée par le comportement de quelques uns sont favorables à toutes les actions susceptibles de réduire le bruit des deux roues. Il reste une frange marginale qui par son comportement bruyant souhaite nuire et se faire remarquer.
Conclusion.
Il paraît nécessaire de responsabiliser
à la fois les conducteurs de deux roues, mais aussi les vendeurs ou réparateurs
qui ont la compétence technique. Pour cela une diffusion large de la réglementation
en vigueur est nécessaire. Parallèlement, il faut faire appliquer ces textes en
attendant qu’une prochaine réglementation européenne probablement plus
contraignante vienne prendre la place des textes nationaux actuels.
(L’immatriculation de tous les deux roues est envisagée, de même qu’un contrôle
technique régulier avec test du niveau sonore…)
Il faut avant tout
ramener les conducteurs de deux roues au sein de la communauté citoyenne par un
comportement plus respectueux des autres.
Vivre en Tarentaise, décembre 2002
Les réflexions et informations
présentées ici proviennent en partie:
-
du site
internet du ministère de l’environnement (www.environnement.gouv.fr/dossiers/bruit),
-
d’un
document édité par Moutain Wilderness (www.MOUNTAINWILDERNESS.ORG
intitulé « silence ».
-
On pourra consulter aussi le site du centre
d’étude et de documentation sur le bruit ( www.cidb.org)