Vivre en Tarentaise, le 3 mars 2002

A Madame le Sous-Préfet d'Albertville.

 

Objet : création d'une base de ski aux Chapieux

 

Nous avons appris l'existence d'un projet de création d'une base de ski " exclusive " dans la vallée des Chapieux. Il serait question d'acheminer des skieurs en hélicoptère depuis Bourg Saint-Maurice jusqu'au village des Chapieux. D'autre part, une chenillette munie d'une cabine, transporterait les skieurs sur les crêtes des montagnes voisines.

Notre association tient à souligner :

1°) Le caractère illégal de l'activité envisagée. La loi du 3 janvier 1991 interdit l'usage des engins motorisés conçus pour la progression sur neige à des fins de loisir. La Cour d'Appel de Chambéry avait d'ailleurs condamné une activité similaire qui se déroulait sur la commune des Chapelles il y a quelques années.

2°) L'atteinte au caractère du site. Ce secteur en hiver et au printemps est difficile d'accès du fait de son éloignement des routes déneigées et du fait des risques d'avalanche qui pèsent sur les itinéraires d'accès. Il s'agit là d'une zone de " wilderness " dont la préservation paraît indispensable à une époque où il devient difficile d'échapper aux pollutions générées par les engins à moteur.

3°) Que le transport de petits groupes de privilégiés en hélicoptère ou en avion dans le massif alpin ne semble pas devoir être encouragé du fait des pollutions sonores qui accompagnent ces aéronefs.

4° Que la vallée des Chapieux est fréquentée par quelques gypaètes barbus qui n'auront malheureusement pas l'occasion de donner leur avis sur le projet que nous contestons. Mais il est peu probable qu 'il soient tentés par une cohabitation même limitée avec des hélicoptères.

 

D'autre part, la loi française interdit les déposes de skieurs sur les sommets montagneux. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas en Italie et de nombreux guides français cherchent à contourner cette législation dont l'esprit est selon nous de protéger la montage de l'intrusion d'engins motorisés. Une activité saisonnière de dépose sur les sommets frontaliers existe. Il ne nous paraît pas nécessaire de soutenir indirectement les sociétés qui se livrent à cette pratique que toutes les associations de protection de la nature dénoncent depuis longtemps. L'état italien envisageait d'ailleurs de l'interdire il y a quelques mois.

L'activité aérienne est en train de se développer sur les Alpes. De nombreux baptêmes de l'air sont proposés à partir des différentes stations de ski. Quelques privilégiés échappent également aux bouchons de Tarentaise de cette façon. L'association " Vivre en Tarentaise " souhaite vivement que l'Etat français limite d'urgence l'usage des engins volants aux secours et aux travaux dans les secteurs d'accès difficile.

 

Aussi, Madame le Sous-Préfet, nous voulons croire que les services de l'Etat voudront bien apporter un avis négatif à la mise en œuvre de ce projet.

 

Nous vous prions de croire, Madame le Sous-Préfet, à l'assurance de nos sentiments les plus respectueux.

 

Au nom de l'association, le président Alain Machet.