Urbanisation en fond de vallée, agriculture et
maintien du caractère de la Tarentaise.
La
Tarentaise est actuellement le siège d’une chasse au terrain constructible.
D’année en année, on voit de développer un peu partout différents lotissements.
Conformément aux anciens POS l’urbanisation s’étend en continuité avec le bâti
existant. Cette disposition légale avait pour but d’éviter le mitage du
paysage. Elle permettait aussi d’offrir à une population regroupée différents
services : assainissement, réseaux divers, école, poste, transports
publics ou scolaires, commerces…Tous ces arguments conservent leur pertinence
aujourd’hui bien sûr. Mais cette expansion doit-elle se poursuivre de la même
façon ou bien répondre à des règles
nouvelles ou complémentaires ?
En
effet, la plupart des villages de Tarentaise sont construits dans des zones
relativement plates et donc favorables à l’agriculture. On sait bien que notre
région vit essentiellement du tourisme. La fréquentation touristique d’été ou
d’hiver est liée à la qualité de nos paysages. Paysages entretenus par
l’agriculture locale qui rencontre des difficultés pour atteindre l’autonomie
fourragère.
Il
est clair que la croissance urbaine en fond de vallée ou autour des villages
nuit au maintien d’une agriculture active, travaillant dans des conditions
raisonnables.
Chaque
modification de PLU d’une commune se traduit souvent par une réduction des
surfaces de fauche. Il ne faut pas ensuite s’étonner de voir monter des camions
de foin en provenance de régions éloignées. Parallèlement, on assiste également
à un grignotage des vergers. Leur valeur environnementale et patrimoniale est
pourtant largement reconnue. Ils contribuent à la diversité paysagère et au caractère de notre vallée.
Ils abritent aussi de nombreux oiseaux.
Il
faut bien reconnaître par ailleurs que la population de la Tarentaise s’accroît
et que beaucoup de personnes recherchent la maison individuelle de leurs rêves.
Comment faut-il répondre à leur attente ?
VET
n’a pas la prétention d’y répondre seule et complètement, mais elle peut malgré
tout avancer quelques propositions :
* Il semble avant tout nécessaire d’encourager la
restauration des villages existants en respectant l’architecture locale. Mais
nombre de maisons restent vides faute de vue ou d’accès. Ne pourrait-on pas
aider les communes à restructurer les hameaux et favoriser ainsi leur occupation ?
*Ne faudrait-il pas également expérimenter de nouveaux
modes d’habitats regroupés avec des jardins ou vergers collectifs. Cela
permettrait sans doute d’économiser de l’espace et d’offrir différents services
à moindre coût: assainissement, réseau de chaleur, chauffage collectif,
isolation collective, éclairage….
Il s’agirait là en quelque sorte d’un retour aux
sources. En effet, en montagne, les jardins et les vergers étaient regroupés
autrefois dans des secteurs bien définis à l’extérieur des villages.
*Enfin si l’espace
vient à manquer, comme on peut le penser, il serait sans doute intéressant de créer de
nouvelles zones urbaines dans des secteurs pentus et délaissés par les
agriculteurs. Il semble que les modifications récentes de la loi montagne
permettent la création de toute pièce de nouveaux villages.
Il
y a peut être d’autres réponses possibles au problème évoqué, mais si une
réflexion ne s’engage pas rapidement sur ce thème, il est probable que d’ici
une quinzaine d’année la Tarentaise aura perdu la plus grande partie de ses
espaces de fauche. Elle aura vu
disparaître ses vergers et ses agriculteurs. La végétation pourra alors
reconquérir tout l’espace défriché par l’homme depuis le moyen âge….
D’autres
éléments interviennent directement dans ce dossier :
La gestion des risques naturels (zones inondables etc
Le développement des zones artisanales le long de
l’Isère. Chaque commune soucieuse de collecter les taxes professionnelles souhaitant créer sa propre zone…Une
« mutualisation » cantonale de ces
taxes serait bienvenue…
La création des « déviations »
successives : Centron, Bourg Saint Maurice, Bellentre, Aime….
La gestion des déchets, des eaux usées, de l’eau
potable, la création de décharges cantonales de déchets inertes.
La protection et l’entretien des espaces remarquables.
Il
est clair qu’une approche intercommunale semble s’imposer pour porter un regard
suffisamment large sur ces différents aspects de la gestion de l’espace.
L’existence de syndicats ayant pour vocation de gérer les déchets, la création
en cours d’un syndicat mixte couvrant toute la vallée et dont l’une des
attributions serait la gestion de l’eau nous semblent aller dans le bon sens.
VET espère que cette structure élargira ses compétences à une gestion globale
de l’espace Tarentaise.
Alain Machet
Vivre en Tarentaise Le
Villaret 73550 Les Allues
avril 2004