Déposition
concernant le dossier UTN de construction de nouveaux lits touristiques à
Valmorel, le 1er février 2008
La station de ski
de Valmorel vient de présenter un dossier UTN pour augmenter sa capacité
d’hébergement d’au moins 1500 lits soit une surface SHON de 40 000m².
On note page 23 du
dossier que la fréquentation touristique de la Tarentaise en hiver stagne voire
régresse… On observe que dans toutes les stations de ski le parc locatif se
banalise progressivement : des logements deviennent des résidences
principales ou secondaires et ne sont plus louées, du moins officiellement. En
fait un nombre important d’appartements continuent
d’être loués mais les revenus ne sont pas déclarés. Des ventes à la découpe de
gros investisseurs ont amplifié le phénomène.
La commune des Avanchers envisage comme
nombre de ses consoeurs d’urbaniser un nouveau site pour aboutir à une
résidence hôtelière. L’objectif avoué étant d’augmenter la fréquentation de la
station en attirant une part plus importante de clientèle étrangère.
Comme souvent, l’examen à l’échelle
communale de ce projet peut paraître plutôt positif. Mais n’oublions pas que la
fréquentation de notre vallée reste stable. Il est regrettable de constater ici
comme ailleurs que l’on écarte rapidement la question de la remise à niveau du
parc immobilier qui ne trouve plus preneur. Certes, cette option n’est pas
facile à mettre en œuvre, mais elle
mériterait que tous les acteurs de Tarentaise
réfléchissent aux moyens susceptibles de la rendre opérationnelle.
La conséquence est évidente : on
observe des grues dans un grand nombre de stations de la vallée. Au lieu de restaurer
et d’améliorer l’isolation des logements, on construit partout de nouveaux
bâtiments à l’architecture souvent irréprochable. On avance aussi l’argument
des énergies renouvelables : chaudières à granulés, panneaux solaires
etc... Curieusement, ce n’est pas le cas ici pour le moment.
Combien de
nouveaux logements touristiques envisage t-on de construire en Tarentaise
aujourd’hui ? Qui peut répondre à cette question ? Quelle surface de
montagne s’apprête-t-on à artificialiser ? Faute d’une réflexion d’ensemble,
chaque station continue sa politique individuelle d’extension urbanistique.
Mais comme la fréquentation stagne, il est probable que les gains d’un site se
font au détriment d’autres qui ont négligé de réhabiliter leur parc immobilier.
Cela entraîne certainement une nouvelle augmentation des lits
"froids".
L’actualité ne permet pas d’ignorer les risques qui pèsent sur
l’activité touristique hivernale en Tarentaise. Qui peut dire qu’il y aura
encore de la neige dans nos massifs dans vingt ans ? Est-il bien
raisonnable de penser encore en termes de croissance ?
Enfin, on remarque
que de nombreuses communes (Landry, Valmorel, Saint-Martin, Montvalezan…) sont
en train de réclamer des modifications de POS ou de PLU. Le plus souvent il
s’agit de construire des résidences hôtelières. Progressivement et de façon
diffuse, l’équivalent d’une nouvelle grande station de ski se construit dans
notre vallée. Cette observation devrait amener tous les acteurs responsables à
réclamer d’urgence un SCOT et un gel de toutes les constructions touristiques
tant que l’on n’aura pas une vue d’ensemble du phénomène.
L’association
Vivre en Tarentaise souhaite que cette demande comme d’autres du même type soit
au moins ajournée afin que l’on mette un coup d’arrêt à la frénésie actuelle de
bétonnage de la montagne savoyarde.
Au nom
de l’association le président : Alain
Machet