Déposition
relative au dossier UTN d’ouverture de
terrain pour pratique
le 01.02.2008
de
loisirs motorisés à Val d’Isère.
L’association Vivre
en Tarentaise a pris connaissance du dossier UTN concernant le terrain
d’évolution d’engins motorisés de Bellevarde. Il recouvre une surface de 200
hectares et est situé en lisère sur 900 mètres du parc national de la Vanoise.
Chacun sait que sur ce terrain, se tient tous les ans le salon du 4x4. On
remarque que cet évènement se déroule depuis des années dans des conditions
administratives en marge de la légalité.
Les photos qui
ornent de nombreuses pages du dossier sont édifiantes quant aux effets paysagers
de la circulation des véhicules dans nos montagnes : traces de roues,
ornières, dommages aux milieux humides, dénaturation de cônes de dissolution…
Le dossier
présenté ne comprend aucune évaluation des
conséquences de la tenue de ce
salon sur les comportements de
propriétaires de véhicules : vente massive d’engins polluants et bruyants,
forte consommation de carburant, encouragement à des comportements inciviques
puisque sur le fameux terrain il est possible de rouler en dehors des voies ouvertes
à la circulation…La publication et la diffusion massive d’images spectaculaires
par les différents médias ne peuvent que troubler l’opinion publique.
En effet, le
gouvernement vient de mettre en place une écopastille qui est sensée décourager
l’usage des véhicules qui contribuent massivement à l’effet de serre et à la
pollution atmosphérique. Les gros 4x4 sont évidemment concernés par cette
mesure. Il serait donc paradoxal que d’un côté, on tente de faire comprendre à
nos concitoyens que la sobriété énergétique impose d’avoir recours aux
transports en commun et aux petits véhicules, et que de l’autre on laisse
perdurer des manifestations dont l’objet est la promotion de ces véhicules
polluants. La couverture médiatique du salon, accompagnée d’une marée
publicitaire devrait amener nos responsables politiques et administratifs à
davantage de cohérence dans leurs décisions.
La montagne
française a du mal à attirer des visiteurs l’été. Qui peut penser que la
promotion d’activités bruyantes,
polluantes et néfastes pour le paysage va permettre de restaurer l’image
de nos massifs montagneux ?
Le terrain utilisé
depuis des années, situé en limite du
PNV et à proximité du GR 5 constitue évidemment un symbole de ce qu’il ne faut
plus faire si l’on désire reconquérir un public qui est parti chercher ailleurs
le silence et des paysages de qualité.
Les mesures de
requalification paysagères, sont toujours bienvenues, mais elles n’écartent pas
les contradictions que nous pointons entre le discours de nos responsables
politiques et les autorisations locales qui sont parfois accordées. Quel sera
le sens de ces mesures alors que le terrain pourra accueillir
simultanément 150 véhicules et ce
durant trois mois de l’année? Quelle végétation pourrait supporter un tel
traitement ? Le fait que la « gestion » du terrain soit accordée
au Club des Aigles fort de ses 900 adhérents fera sans doute sourire nombre de
personnes soucieuses de civisme et d’écocitoyenneté.
La commune de Val
d’Isère appartenait à la zone périphérique du parc de la Vanoise. A ce jour,
cet espace n’a plus de réalité en attendant qu’une charte précise les
conditions d’appartenance à la zone d’adhésion. Il serait vraiment surprenant
que l’organisation de manifestations promouvant les loisirs motorisés soit
autorisée dans cette aire d’adhésion.
Il faudra donc que
Val d’Isère fasse un choix en terme d’image et de tourisme d’été :
participer à une reconquête collective d’un public d’été en mettant en avant le
silence, la qualité des paysages, le patrimoine, la marche à pied, la mobilité
douce ou bien poursuivre dans une voie qui nous paraît définitivement sans
issue pour cause de pollution et d’effet de serre.
L’association
Vivre en Tarentaise souhaite donc vivement que l’autorisation demandée ne soit
pas accordée.
Au nom de
l’association le président Alain Machet.
6 avril 2008:
La demande de légalisation de terrain
d’évolution pour les engins motorisés de Val d’Isère a été refusée. Les arguments
exposés dans notre déposition ont bien été pris en compte. Ce terrain ne pourra
pas être ouvert en permanence. Malheureusement, le Préfet de département pourra
délivrer une autorisation « exceptionnelle » durant la durée du salon
du 4x4.