Sainte Foy, la vallée du Clou et la
Tarentaise.
1°) La
commune de Sainte Foy.
Elle s’étend entre
le Parc national de la Vanoise et la frontière italienne. Elle est bordée par
les communes de Tignes, Villaroger, et Montvalezan.
Elle porte de
nombreux villages à l’architecture préservée : le Monal, Le Miroir,
la Mazure, le Planay et une multitude de hameaux : Chenal, Nancruet, le
Crot. On y trouve des toits de lauzes, des maisons à colonne, des portes
ouvragées, quelques moulins…
On trouve aussi
sur cette commune quelques uns des plus grand sites de Tarentaise :
vallée de la petite Sassière au pied du Ruitor, vallon de Mercuel, vallon du
Clou, vallon de Nancruet. Chacun de ces sites est surmonté de glaciers
spectaculaires (sauf Mercuel).
Cette commune est
située à proximité immédiate de sites protégés : PNV, RN de
Villaroger, RN de la Grande Sassière, parc du Grand Paradis.
On y trouve aussi
un très grand nombre de lacs d’altitude magnifiques.
Lacs Longet et
Verdet et du Petit (secteur petite Sassière).
Lac noir compris
entre Petite Sassière et Mercuel.
Lac du Clou, lacs
Verdets, Brulet, Blanc et Noir.
Ces lacs
accompagnent de nombreux torrents, ruisseaux et milieux humides.
On trouve des
poissons dans la plupart de ces lacs fréquentés bien sûr par les pêcheurs mais
plus largement par les randonneurs.
Sainte Foy porte
de nombreux sentiers permettant le passage vers l’Italie : cols de
la Louie blanche, de Tachuy, du Grand, de L’Invernet, du Lac Noir, des Mines,
du Rocher Blanc.
L’activité
agricole est encore
présente sur différents secteurs de la commune.
On peut aussi
signaler un réseau de canaux de drainage lauzés exceptionnel entre le
village du Planay et la station de Bonconseil.
Dans la vallée
du clou on retient en particulier, le glacier suspendu des Balmes, le
glacier fossile, les lacs à différents stades d’évolution, les drumlins, les
formations dues à la succession des phases gel/regel, des chalets d’alpage
sympathiques.
Tous ces atouts
font que Sainte Foy est une commune très prisée par les amateurs de paysages
« authentiques » et de randonnée.
2°) La
station.
Historiquement, il
y eu de nombreuses tentatives d’implantation de station, plus ou moins liées au
projet de barrage du Clou. On peut citer le projet avorté de val Ruitor ou de
liaison avec les Arcs via Villaroger.
Toutes ces
tentatives ont échoué pour des raisons financières ou à cause des difficultés
d’accès ou encore des risques d’avalanche.
En 1990 la commune
obtient une autorisation UTN pour une liaison vers le col de l’Aiguille. Elle
se réalise accompagnée par une petite urbanisation à Bonconseil. Quelques mois
après, un recours déposé par le CAF aboutit et l’autorisation est annulée par
le TA. Une nouvelle demande est déposée et toutes les associations (CAF, VET,
MW et FRAPNA) la contestent. Nouveau recours après nouvel accord UTN.
Grosse
manifestation des associations en 1992 qui rassemble beaucoup de randonneurs.
Mais dans le même temps le Maire réussi à réunir une grande partie des élus de
tarentaise en guise de contre manifestation. Charbonnier reste maître chez
lui !
De toute cette
période, il subsiste une amertume, voire une jalousie au sein des élus
santaférains : d’autres communes ont pu développer de grandes
stations, créer un grand nombre d’emplois…Certains rêvent encore d’un réseau
important de remontées dans la vallée du Clou, voire dans le vallon de Mercuel.
Pourquoi ce qui s’est fait ailleurs ne pourrait pas être reproduit à Sainte Foy ?
Il subsiste aussi
une grande amertume dans les rangs des associations locales car on a
dilapidé un patrimoine exceptionnel pour mettre en place la station de
Bonconseil. Une ou deux dizaines d’emplois créés en quinze ans !
400 000€ de déficit annuel pour la régie de remontées mécaniques
municipales. Le trou est comblé chaque année grâce aux redevances EDF…Certes,
les chalets construits ont une belle architecture, mais les cicatrices dans le
paysage sont là ! D’autre part, les locations échappent à tout contrôle et
les retombées financières pour la commune sont faibles.
Enfin et l’on
aborde là le point sans doute le plus important, ni les grands élus, ni
l’Etat n’ont aidé cette commune à concevoir une autre valorisation de ce
patrimoine exceptionnel. Manque de courage politique ? Manque
d’imagination ? Manque de moyens financiers ? Pourtant cette commune
aurait mérité que l’on s’intéresse à elle avec davantage de réflexion. Le
modèle du chacun pour soi et de la croissance perpétuelle l’a emporté.
3°)
Aujourd’hui !
Une nouvelle
autorisation vient d’être accordée permettant l’implantation d’une remontée
vers l’arête de la Marquise. Elle s’accompagne d’une enveloppe de 3000 lits
environ à construire. Mais comme
souvent, l’arrêté UTN est ambigu: il est fait mention de la volonté de l’Etat
de protéger le vallon du Clou, mais la réalisation du télésiège n’est pas
subordonnée au classement du vallon….D’où des difficultés prévisibles avec les
responsables communaux qui vont certainement tenter de grignoter encore sur les
espaces vierges de la vallée du Clou.
Cette inquiétude
ressentie par les associations a entraîné un courrier à destination du MEED.
La DIREN consciente du danger a demandé à toutes les administrations de
travailler au classement du vallon.
4°)Le contexte Tarentaise.
Il y a une prise
de conscience générale que le marché de l’Or blanc est à maturité. Il existe
aussi une inquiétude sur la pérennité de l’activité : risque climatique,
concurrence d’autres destinations, coût des prestations, délocalisations, coût
du pétrole, manque d’eau pour les canons à neige. En général les élus partagent
ce constat, mais réclament une exception pour leur commune …..qui bien sûr est dans une situation particulière.
Une vaste
réflexion sur l’avenir de la vallée est en cours sous l’égide de l’APTV,
gestion de l’eau, de l’espace, de l’activité agricole, du patrimoine….Ces
réflexions très intéressantes, descendent mal malheureusement à l’échelle
communale.
Le tourisme
d’hiver stagne, et celui d’été recule d’année en année.
Certains élus sont
conscients qu’il faut mettre en avant « l’autre Tarentaise », celle
des cartes postales, celle où l’on ne trouve pas de pylônes, où l’on voit des
chalets d’alpage et des vaches… pour conserver des parts de marché.
VET a proposé aux
élus de la vallée de classer les plus grands sites de Tarentaise pour
concrétiser cette bonne disposition et donner un signal fort à nos
visiteurs…D’autres actions de valorisation permettraient peut être de corriger
l’image de la Tarentaise qui est liée aux vastes espaces skiables. (engins motorisés, politique sentiers…architecture, paysages
entretenus, mise en avant du wilderness tarin…)
On peut penser que
Sainte Foy accepterait peut être plus facilement de classer le vallon du Clou
si d’autres communes la précédaient dans cette démarche.
Enfin, le
patrimoine naturel tarin n’est pas toujours suffisamment exposé, expliqué. VET
a proposé que l’on réalise un ou plusieurs centres d’exposition sur ce thème.
On peut penser à l’eau, à l’architecture locale, à la flore, à la faune, à la
forêt….Pourquoi pas à sainte Foy ?
Une volonté forte
de l’Etat dans ce dossier paraît indispensable.