Machet
Alain
Président de
Vivre en Tarentaise
Le Villaret 73550
Les Allues
André
Fourmaintraux
Vice-président du
Club Alpin Moutiers Hte Tarentaise.
Espace associatif
Grand Rue
73210
Aime.
A Monsieur Claude
Michel
Maire de La
Léchère.
Objet :
remontée mécanique Celliers Valmorel.
Le 14.12.2003
Monsieur le Maire,
Nous avons rencontré Monsieur Paul Guillard, Maire de Cellier, il y a
quelques jours. Il nous a exposé un projet de désenclavement de son village par
réalisation d’un télésiège entre Celliers et les pistes de Valmorel. Cette
réalisation s’accompagnerait d’une rénovation du bâti existant, voire de la
construction de nouveau bâtiments pour aboutir à « 200 lits
touristiques ».
Nous lui avons fait part de notre compréhension vis-à-vis de son souci de
maintenir un minimum de vie dans sa commune. Nous avons rappelé que la présence
des randonneurs sur le site est très importante et qu’elle mériterait d’être
mieux exploitée : création de
gîtes pouvant accueillir des petits groupes pour de courts séjours. Nous
avons aussi clairement exposé notre désir d’obtenir l’assurance que le massif de
la Lauzière demeure vierge de remontées mécaniques. L’idée d’une mise en réserve
volontaire du massif (ou du moins de
la partie relevant de Cellier) a été avancée.
Depuis cette entrevue informelle, nous avons approfondi notre réflexion
et pris contact avec les responsables d’associations à l’assise nationale. Vous
ne serez pas surpris d’apprendre que beaucoup de personnes se montrent
sceptiques quant au motif avancé du désenclavement pour justifier la
construction d’une remontée mécanique. Cette liaison ne sera-t-elle que le
premier maillon d’un équipement plus vaste ? N’entraînera t-elle pas une
urbanisation beaucoup plus importante que celle annoncée ? Comment en effet
financer l’entretien d’une remontée mécanique vouée à ne transporter que
quelques dizaines de personnes par jour?
Par ailleurs, nous nous sommes penchés sur les statuts d’une réserve
naturelle volontaire. Force est de constater qu’il en existe de nombreuses sur
le territoire national. La procédure de mise en œuvre est assez simple. Mais il
faut remarquer aussi, qu’elles ne suffisent pas toujours à assurer une
protection paysagère à long terme. Il semble qu’une telle réserve n’ait pas été
renouvelée en Maurienne pour permettre l’extension de remontées
mécaniques….
Le massif de la Lauzière est un massif sauvage qui possède un grand
caractère du fait de sa morphologie. A ce titre, il est apprécié par les
randonneurs, provenant de
toute la région Rhône-Alpes, qui
viennent se ressourcer en découvrant ses vallées et ses
sommets. Tout aménagement en frontière de cet espace spectaculaire, sera donc
observé avec beaucoup d’inquiétude par un public, vaste, et attaché
viscéralement au massif.
Monsieur Guillard nous a affirmé qu’aucun élu local ne souhaitait
poursuivre l’aménagement en remontées mécaniques au-delà de ce qui nous a été
présenté. Il nous a confirmé aussi que ces mêmes élus sont conscients de la
valeur, de la qualité du Massif, et de la nécessité de le préserver en l’état.
Si cette affirmation est bien partagée et sincère, il devrait être possible
d’aboutir à un consensus sur cette opération. La mise en réserve volontaire,
apparaîtra sans doute trop facilement révisable à nombre d’observateurs. A la
lecture des différents modes de préservation possibles pour les espaces
naturels, nous pensons que la procédure de classement du site de la Lauzière
pourrait donner satisfaction à toutes les parties. Un site classé permet la
chasse et l’activité agricole, mais il s’oppose aux aménagements lourds
susceptibles de dégrader les paysages. Il ne s’accompagne pas de la création
d’un comité de gestion.
Nous ne pouvons pas laisser passer cette occasion, de rappeler notre
souhait de voir se développer un tourisme patrimonial respectueux de
l’environnement. Dans cette optique, nous suivons avec attention la construction
progressive du SIVOM de la Lauzière. Cette structure semble s’orienter vers une
mise en valeur du massif basée au moins en partie sur la randonnée. Cette
expérience nous paraît intéressante.
De plus, le milieu associatif réclame
depuis longtemps la mise en place de solidarités entre toutes les parties du
territoire, afin que les communes riches de leurs « espaces vierges »
puissent les entretenir et les valoriser. Des réflexions engagées par
l’Etat (DTA) ou bien par le Conseil Général (animées par MDP) seront
espérons-le, suivies un jour de mesures concrètes.
Enfin, n’oublions pas que
l’avenir de « l’Or Blanc » apparaît bien fragile à moyen terme
du fait de l’effet de serre. Ce risque qui plane sur la vallée de Tarentaise
sera peut être minoré dans un premier temps grâce aux canons à neige, mais
échapperons-nous à une réorientation de notre politique touristique?
Monsieur le Maire, les responsables associatifs que nous sommes, ont
essayé dans cette affaire de faire preuve d’ouverture. Mais il revient
maintenant aux élus de faire la démonstration de leur souci affiché de concilier
protection des sites et activité économique.
En restant à votre disposition pour tout échange sur ce dossier, nous
vous adressons, Monsieur le Maire, nos sincères
salutations.
Alain Machet et André Fourmaintraux.