RESERVE NATURELLE DES HAUTS DE VILLAROGER

 


La position de Vivre en Tarentaise ( suite )

 

 

1991-2003: la Réserve Naturelle des Hauts de Villaroger a maintenant 12 ans et son gestionnaire (l'ONF) a procédé à la révision du Plan de Gestion. Il nous semble utile de rappeler à cette occasion la position de notre association ( qui est représentée au Comité Consultatif de la Réserve ).

 

Rappelons tout d’abord que nous nous sommes battus contre l’arrêté préfectoral de 1994 qui instaurait de fait une sorte de péage pour l’accès à la réserve et un monopole pour les moniteurs de ski. Si dans un premier temps le tribunal administratif de Grenoble nous avait donné raison, il a été ensuite désavoué par le Conseil d’Etat. Dont acte… mais nous n’avons pas tout à fait perdu car la création d’un « emploi-jeune » a permis ensuite à l’ONF d’assurer des séances d’habilitation gratuites, ce qui a repoussé ( provisoirement ? ) cet aspect de « montagne à péage » contre lequel nous nous étions élevés.

Cependant nous ne perdons pas de vue que ce type de réglementation ne correspond pas à notre conception de l’aménagement de la montagne. Malgré la vigilance épisodique des agents de l’ONF, force est de constater qu’on peut régulièrement observer des traces de ski ou de surf en dehors des itinéraires autorisés. Nous pouvons comprendre que l’Etat et les tribunaux aient d’autres priorités en matière de maintien de l’ordre public et même de protection de l’environnement, mais qu’on cesse alors de nous faire croire qu’on pourra préserver des zones de refuge pour la faune tout en autorisant de nouvelles remontées mécaniques : dans le contexte actuel la seule protection réaliste est l’absence d’accès mécanisé.

Ce qui se passe à Villaroger nous confirme que nous devons nous opposer résolument à tout nouvel aménagement de remontées mécaniques en site vierge. Nous devons nous battre pour que les mesures de protection en confettis laissent place à une réelle réflexion sur l’aménagement de la montagne avec une sorte de « plan d’occupation des sols » à l’échelle de massifs entiers. La procédure actuelle des « UTN » station par station , projet par projet, reste trop ponctuelle.

Les années 90 étaient restées, crise économique oblige, assez calmes. Mais de nouveaux investisseurs poussent à la conquête de nouveaux espaces pour agrandir le grand luna-park de la glisse.

Qu’importe qu’on dévie de quelques mètres la trajectoire d’un bulldozer pour éviter une ancolie des Alpes ou un carex machin. Nous ne réclamons pas non plus des compagnies de CRS pour faire la chasse aux « free-riders ». Face à ceux qui ne rêvent que de m2 constructibles, de centièmes de seconde au prochain championnat du monde de ski alpin ou du prochain épisode de la « nuit de la glisse », n’ayons pas honte de revendiquer notre besoin d’espaces naturels sans bulldozers, sans pylônes, sans moto-neiges, sans hélicoptères...

Alors laissons les ouvriers de l’ONF débroussailler les arcosses à grand renfort de tronçonneuses pour « réhabiliter les biotopes » de tétras-lyres  qui ne leur ont rien demandé, et occupons nous plutôt de protéger ce qui peut encore l’être ( Beaufortain, Vallée des glaciers, Massif du Ruitor… ) avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

                                                                                                          mars 2003