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Communiqué de Presse.
mardi 7 juin 2005

Fermeture du tunnel du Fréjus : une crise salutaire ?
L’avenir est sur la mer et sur le fer !

Après l’accident provoqué par la sortie de route d’un camion dans lequel six personnes ont trouvé la mort dans le Vaucluse, et après l’incendie provoqué par l’embrasement d’un camion de pneumatiques dans le tunnel du Fréjus ayant causé la mort de deux chauffeurs de camion, la fédération France Nature Environnement et ses associations tiennent à rappeler l’urgence d’imaginer une nouvelle politique en matière de transport. La domination actuelle du transport routier ne doit pas apparaître comme une fatalité aux yeux d’un nouveau gouvernement qui doit dès maintenant prendre en compte les alternatives existantes, portées depuis longtemps par les associations.

Nous souhaitons que le fret maritime et ferroviaire soit la solution retenue pour répondre, d’une façon pérenne, au problème que pose la fermeture du tunnel du Fréjus. A la dangerosité évidente du transport routier en matière de sécurité, s’ajoutent les impacts environnementaux connus depuis longtemps : pollution sonore, pollution atmosphérique… (les transports représentent 34% des émissions de CO2, d’origine humaine) et une responsabilité écrasante dans la dramatique dépendance pétrolière de notre pays (les transports représentent plus de 50% de la consommation de pétrole importé !). L’urgence, en matière de transport, est donc de favoriser un rééquilibrage au profit des alternatives les moins agressives : transport ferroviaire, transport fluvial, transport maritime…

Si nous voulons que les coûts liés au développement de ces alternatives ne soient pas un frein à leur mise en place, il est impératif que l’optimisation du trafic ferroviaire et la réhabilitation des voies ferrées soient considérées comme des priorités de cette nouvelle politique puisque de futures liaisons comme le tunnel du Loetschberg (2013 ou 2014) ou l’hypothétique Lyon-Turin (2020 ?) ne pourront pas apporter de réponse avant des années, voire des décennies. Il s’agit évidemment de mobiliser d’urgence l’importante réserve de capacité ferroviaire de lignes telle que celle de Modane.
Il s’agit surtout de remettre sur pied des liaisons maritimes comme le projet de merroutage Fos-Savone, torpillé voici tout juste un an par le dumping social et fiscal éhonté de transporteurs « délocalisés », alors que l’Union européenne avait apporté une aide financière substantielle. Nos propositions, acceptables d’un point de vue financier, sont en outre socio-économiquement très rentables. Les conditions sociales du transport maritime devront être compatibles avec la plate-forme proposée par France Nature Environnement.

Aujourd’hui, la situation impose une prise en compte sérieuse des effets externes du transport routier, et un contrôle draconien des conditions sociales de travail et du respect du code de la route. La pollution atmosphérique, les accidents, le bruit, le dérèglement climatique, le déficit commercial pétrolier sont autant d’impacts qui ont un coût très élevé pour la société, sans parler du risque économique lié au renchérissement inéluctable des hydrocarbures. La non intégration de ces coûts routiers, environnementaux et sociaux, provoque un grave déséquilibre qui se fait au détriment des autres modes de transports et qui pénalise fortement les transporteurs routiers respectueux des lois et des hommes.
France Nature Environnement et ses associations demandent l’imputation rapide de ces coûts aux utilisateurs du transport routier, afin que les impacts négatifs générés soient enfin considérés à la mesure de leur gravité. N’oublions pas qu’un commencement appréciable de cette taxation existe déjà chez nos voisins suisses et allemands et qu’elle intéresse l’Alsace, le Nord-Pas-de-Calais, l’Ile-de-France et la région Rhône-Alpes.
Après l’occasion manqué de l’incendie du tunnel du Mont Blanc, la catastrophe du Fréjus doit aboutir à la mise en place d’une véritable politique soutenable des transports comme le réclame France Nature Environnement depuis 1990.



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