Réseau "Sortir du nucléaire" ­ Fédération de 698 associations
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Communiqué de presse du Jeudi 6 janvier 2005

Prix de l'électricité : le Réseau "Sortir du nucléaire" demande une tarification favorisant les énergies renouvelables et la fin des privilèges du nucléaire

Le Réseau "Sortir du nucléaire" se félicite de voir l'Etat, par l'intermédiaire du ministre de l'industrie Patrick Devedjian, reconnaître
enfin les scandaleux avantages dont a bénéficié l'industrie nucléaire pendant des décennies. Interviewé dans le Journal du dimanche du 2 janvier 2005, le ministre a déclaré : "Pendant des années, les français ont beaucoup contribué, par leurs impôts, au développement du parc nucléaire."

En effet, l'industrie nucléaire ne s'est développée que dans les pays où elle a été massivement appuyée par l'argent publicŠ sans que jamais ce ne soit par la volonté des populations. En France, ce sont environ 450 milliards d'euros d'argent public qui ont été investis par l'Etat dans l'ensemble de la filière atomique, permettant d'afficher de façon artificielle un prix avantageux de l'électricité nucléaire, mais aussi de faire croire à la population que les énergies renouvelables sont trop chères, alors qu'elles constituent la seule solution d'avenir.

Aujourd'hui, ce scandale doit cesser : les coûts réels du nucléaire doivent être assumés par l'entreprise EDF et non plus par l'argent public. La vérité doit éclater : EDF doit être contrainte de provisionner réellement (et non fictivement comme jusqu'à maintenant, comme l'a montré la Cour de comptes dans ses rapports publics 1998 et 1999) les sommes nécessaires pour la gestion des déchets radioactifs et le démantèlement des installations nucléaires. Concernant ces dernières, le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce le projet de "soultes libératoires" qui, comme c'est déjà en cours concernant le site nucléaire de Marcoule (Gard), permettraient aux entreprises EDF et Areva de se débarrasser à peu de frais du coût du démantèlement en le reportant sur la collectivité nationale et les générations futures.

De fait, le Réseau "Sortir du nucléaire" se prononce pour la vérité des prix et donc une importante augmentation du prix de l'électricité, sauf pour la première tranche de consommation : les ménages et autres petits consommateurs doivent bénéficier d'une électricité bon marché pour leur consommation de base, qui pourra être évaluée forfaitairement par l'ADEME.
Toute consommation excessive, en particulier celle des entreprises et collectivités territoriales, doit se payer au prix fort. Un plan national d'aide (crédit d'impôts) de mise aux normes d'une consommation économe et efficace sera mis en place par exemple sur 5 ans et l'électricité atteindra son coût réel dans le même laps de temps, favorisant l'émergeance des énergies renouvelables,  l'indépendance énergétique et l'emploi.

Ainsi, cesseront certainement les éclairages nocturnes et inutiles des bureaux et boutiques fermées, des zones industrielles désertes, etc.

Ainsi les collectivités locales mettront en ¦uvre, comme dernièrement la ville d'Albi (Tarn), des éclairages publics de nouvelle génération permettant d'économiser jusqu'à 40% d'électricité pour le même éclairage. Ou bien, comme dernièrement la ville d'Agde (Hérault) des éclairages de Noël de nouvelle génération permettant de diviser par dix la consommation d'électricité. Ou bien, comme la ville de Clermont-Ferrand, une flotte de voitures électriques rechargées avec des énergies renouvelables et non avec le courant nucléaire.

Et ainsi, les ménages cesseront de payer leur électricité en double – par les factures EDF et par l'argent public - comme c'est la cas depuis 40 ans.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" développe depuis deux ans une campagne intitulée "Pour un vrai service public de l'électricité non nucléaire" afin de reconstruire un service public dénucléarisé, déconcentré et démocratisé.

Contact presse Réseau "Sortir du nucléaire" :  06 64 100 333