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Vivre en
Tarentaise Le Villard
d’Amont 73210
Landry |
Club Alpin
Français Section
Moutiers Haute Tarentaise Espace associatif cantonal
73200 Aime |
Frapna Savoie
26 passage Sébastien Charléty 73000
Chambéry |
Mountain
Wilderness
5 place Bir
Hakeim 38000 Grenoble |
le 21.02.2008
à
Françoise Gendarme
Présidente
du syndicat national des guides de montagne.
Objet : pratique de l’héliski en Tarentaise.
Madame la Présidente,
Nous avons
l’honneur d’attirer votre attention sur la pratique de l’héliski en Tarentaise.
Comme vous le savez, les déposes
héliportées sont interdites en France et ce depuis longtemps. Malheureusement,
la présence d’une clientèle fortunée dans notre vallée pousse certains guides à
contourner la réglementation en pratiquant des déposes sur le versant italien
de nos montagnes. La station de ski de la Rosière sert de quai de
transbordement pour cette population privilégiée. Les sommets concernés sont le
Miravidi, le Ruitor, l’Archeboc, la Pointe des Mines et la Pointe de Bazel. Cette
pratique est tellement fréquente que des bosses apparaissent dans certaines
voies…La plupart des descentes de déroulent sur le versant français. Les
clients sont le plus souvent repris au pied des pentes pour éviter tout
portage. Ces sommets, qui comptent parmi
les plus prestigieux de notre vallée, sont bien sûr également fréquentés par
des randonneurs de plus en plus nombreux.
Ils nécessitent un certain engagement physique. Inutile de s’attarder sur la
déception qui attend nombre de jeunes (ou moins jeunes) montagnards confrontés
après de nombreuses heures d’efforts à de multiples déposes héliportées.
Chacun sait que
la montagne française a perdu une partie de sa clientèle au cours des dernières
années. Les raisons sont multiples, mais il nous paraît clair que la seule voie
durable pour une reconquête du public passe par une plus grande valorisation de
nos paysages, de notre patrimoine, du silence, du goût de l’effort, de la
solidarité entre montagnards.
Nous nous
adressons à vous, car cette situation est difficile à régler à court terme par
la voie réglementaire. Nos associations ont la naïveté de penser qu’une prise
de conscience collective est nécessaire pour restaurer l’image des montagnes
françaises. La pratique des loisirs motorisés
génère bruit et pollution, dégrade notre environnement et conforte
l’idée que l’argent et des moyens mécaniques permettent à une petite minorité
de s’approprier des pans entiers de nos territoires de rêves.
Chaque
profession doit évidemment s’adapter aux évolutions de nos sociétés, mais
l’actualité nous ramène chaque jour à l’effet de serre, à la fin du pétrole, à
la pollution atmosphérique, à la fonte des glaciers…
Aussi, il nous paraît évident que la
petite minorité de guides ou de moniteurs qui organise ces déposes contribue à brouiller
l’image déjà bien écornée de nos massifs montagneux. Comment parler de
ressourcement ou de recherche d’authenticité dans ces conditions?
Les associations
signataires, invitent donc l’ensemble des professionnels de la montagne à faire
preuve de discipline et de discernement. Elles souhaitent que toutes les
personnes concernées par l’avenir du tourisme montagnard puissent participer à
une action collective de reconquête axée sur le silence, le partage, le respect
des autres, le patrimoine et la qualité des paysages. La montagne n’est–elle
pas un lieu idéal pour développer la notion d’éco-citoyenneté?
En espérant que
notre courrier aura retenu toute votre attention, nous vous adressons, Madame
la Présidente, nos sincères salutations.
Au nom des associations, le Président de Vivre en Tarentaise, Alain
Machet.