Déposition de l’association Vivre en Tarentaise au sujet du projet « d’Axe Bourg Saint Maurice Séez ».

 

L’association Vivre en Tarentaise a pris le temps de lire attentivement le dossier. Après débat interne et réflexion l’association estime que ce projet doit être abandonné pour deux raisons essentielles.

1°) Cette déviation ne résoudra pas les problèmes d’embouteillage que connait notre vallée quelques samedis par an. Ce fait est reconnu dans le dossier. Il s’agirait d’après ce dernier de diminuer la durée d’attente en amont de Séez pour quitter la Tarentaise. Les chiffres des trafics moyens ou maxima en différents points de la RN 90 sont donnés. Parallèlement des flux sont indiqués pour le carrefour giratoire qui est envisagé en face de l’entrée du 7ème BCA. Ces estimations (exprimées en véhicules par heure) ne permettent pas de savoir si la RN 90 est capable d’écouler ce flux en aval de Bourg. Mais les habitants de la vallée qui demeurent d’Hauteville-Gondon à Landry savent bien que la confluence de la descente de la Plagne et de celle de Haute Tarentaise à Aime provoque un bouchon qui remonte souvent jusqu’à Bourg Saint-Maurice. En conséquence, il est permis de penser qu’il est illusoire de vouloir accélérer la circulation à travers Séez et Bourg. Même si  on admet un léger gain dans un premier temps, les deux  bouchons fusionneront de toute façon. Enfin l’itinéraire projeté comprend de nombreux ronds points (au moins 5), le tracé à travers le 7ème BCA serait pentu et sinueux. On voit mal comment cet « axe » serait plus fluide que la route actuelle.

2°) La solution à ces bouchons est connue, même si elle demande du courage politique  et une concertation inter-stations. Les services de l’Etat savent bien qu’il suffirait de décaler de 10% les locations du samedi au samedi vers d’autres démarrant le dimanche ou le vendredi pour que les problèmes cessent. L’exemple du « Club Med » semble indiquer que cette piste de réflexion ne peut pas être écartée d’un revers le la main. On sait bien également qu’il y a une demande de séjours courts. Comme nos stations sont rarement pleines à 100 %, il devrait  être possible d’explorer cette voie.

Enfin, nos responsables administratifs et politiques doivent ouvrir les yeux ! L’avenir est aux transports en commun. Nos élus se lancent dans l’élaboration d’un SCOT qui devra comprendre un plan Climat Energie et un volet Transports. Les estimations effectuées montrent que 75% de l’effet de serre en Tarentaise serait du aux déplacements en voiture individuelle par les touristes qui viennent faire du ski. Si l’on souhaite vraiment s’attaquer à ce sujet, le transport collectif s’impose ! Cela nécessite de faire circuler des trains de nuit, des TGV en semaine, de décaler les séjours car notre voie ferrée est saturée le samedi dans la journée. Cela suppose également de proposer  des trajets en bus vers certaines grandes villes de France ou d’Europe. On peut penser que différentes incitations en faveur du transport collectif pourraient être mises en place : réduction sur les remontées, ou sur la location d’un logement, taxe de séjour moins élevée, prise en charge des bagages du départ à l’arrivée, location de matériel à des prix raisonnables  etc…

Oui, un gros travail est à effectuer sur ce thème avec tous les acteurs concernés. Il serait dommage de dépenser au moins 38 millions d’euros en pure perte alors qu’il faudra inéluctablement investir dans des bus, des trains ou des tram-trains.

Au moment où la Tarentaise se penche sur son avenir il est temps de mettre en place des solutions qui économisent l’énergie, qui préservent notre environnement et qui contribuent à corriger son image.

 

Au nom de Vivre en Tarentaise, le président Alain Machet, le 28 mai 2010