Communiqué de presse de FNE, mercredi
24 juin 2009
EAU ET CANCER : LES
POUVOIRS PUBLICS DOIVENT AGIR !
Paris, le 24 juin 2009 : à l’occasion du
lancement d’une campagne par le WWF et le médecin David Servan-Schreiber sur la
nocivité de l’eau du robinet, les associations Agir pour l’environnement,
l’ACME et France Nature Environnement souhaitent réagir sur les préconisations
proposées.
La campagne lancée par le WWF et David
Servan-Schreiber insiste sur la présence de polluants comme les résidus de
pesticides et de nitrates dans les nappes phréatiques, qui se retrouvent dans
l’eau du robinet et menacent la santé. Or si ces polluants sont en effet
relevés dans l’eau du robinet, il est à noter que l’eau de source en bouteille
est le plus souvent prélevée dans les mêmes nappes phréatiques, et peut elle
aussi contenir un certain nombre de polluants. Deux études scientifiques de
mars 2006 1 et de novembre 2008 2 soulèvent également la question de la migration du plastique de la
bouteille vers l’eau, de substances nocives comme l’anti moine (un métal
toxique retrouvé à des concentrations 95 à 165 fois plus élevées que dans l’eau
du robinet) ou de perturbateurs endocriniens. Par ailleurs, la composition
précise de l’emballage alimentaire de l’eau en bouteille n’est pas connue du
fait du secret industriel : ni les consommateurs, ni l’Agence Française de
Sécurité Sanitaire des Aliments qui autorise pourtant la mise sur le marché des
produits, n’ont l’information requise pour une consommation en toute
transparence.
Il faut reconnaître que des progrès notables
restent à faire dans certaines localités françaises, pour que l’eau potable (et
pas seulement l’eau du robinet) soit d’une qualité irréprochable. Toutefois, le
problème doit être vu dans son ensemble : l’eau en bouteille, loin d’offrir une
alternative acceptable à l’eau du robinet, engendre 6 milliards de déchets de
bouteilles plastiques dont la moitié, par défaut de recyclage, est brûlée dans
des incinérateurs qui rejettent des substances polluantes dans l’atmosphère
comme les dioxines. « Les citoyens ne doivent pas avoir à choisir entre
pollution de l’eau et pollution de l’air et des sols : en croyant se préserver
de toute pollution avec l’eau en bouteille, ils risquent d’engendrer une
pollution pérenne liée aux déchets des bouteilles qui impactera également leur
santé. », affirme Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d’Agir pour
l’environnement. « En matière de polluant, on ne trouve que ce que l’on
cherche. Dans ce contexte, il importe de ne pas sur-marchandiser l’eau en
incitant à consommer de l’eau et des emballages et de se battre pour améliorer
la qualité des eaux. Si plus personne ne buvait l’eau de distribution publique,
on pourrait craindre le pire pour la préservation de la qualité de la
ressource» affirme Bruno Genty, vice-président de France Nature Environnement.
Les associations invitent donc les citoyens à
solliciter massivement les pouvoirs publics locaux et nationaux pour que l’eau
du robinet, publique et jusqu’à 100 fois moins chère que l’eau en bouteille,
soit de bonne qualité partout en France.
1 Shotyk, Krachler & Chen, « Contamination of Canadian and European
bottled waters with antimony from PET containers » ; J.environ.Monit., 2006, 8,
288
2 Wagner & Oehlmann, “Endocrine disruptors in bottled mineral water : total
estrogenic burden and migration from plastic bottles”; Environ.Sci.Pollut.Res.,
2008, publié en ligne : mars 2009