VIVRE EN TARENTAISE,  le 2 janvier 2004

                                    

à

Collectif pour la suppression du Rallye-Dakar,

local LDH
centre municipal Richepin

 21 rue Jean Richepin

63000 Clermont-Ferrand

 

 

Au nom de Vivre en Tarentaise, nous nous associons à ce texte sans réserve.

Alain Machet, Président

André Fourmaintraux, vice-président

René Pinck, secrétaire

 

Depuis 1979, le Rallye-Dakar défie la conscience démocratique. Une caravane agressive d'engins rutilants traverse pendant plusieurs jours les pays les plus démunis d'Afrique. Non seulement la faune et la flore  autochtones sont dévastées, piétinées et détruites, mais les populations locales ne sont pas plus respectées.
Plusieurs victimes, morts et blessés ont déjà été sacrifiés à ce luxe néo-colonialiste indécent qui étale aux yeux de populations du Sud, affamées par les guerres et les maladies, le luxe technologique des  multinationales du Nord dominateur.
Cet étalage de richesse dans des pays où les populations ont juste de quoi survivre n'est pas admissible et doit être condamné au nom du respect des droits élémentaires de la personne humaine. Ce n'est pas parce que les régimes, autoritaires pour la plupart, de ces Etats cautionnent par leur silence ou leur active complicité ces escapades de nostalgiques de la coloniale que nous devons nous taire sur ce scandale.
Pouvons-nous accepter cette libre circulation " à tombeau  ouvert " quand des milliers de jeunes africains sont condamnés en Europe à la pire clandestinité, à l'expulsion par charters entiers ou encore à la noyade dans le détroit de Gibraltar ?
Pouvons-nous accepter le gaspillage de centaines de milliers de litres d'essence, brûlés en pure perte pour la seule gloire de quelques constructeurs et sponsors rapaces dans des régions où survivre est chaque jour un exploit ?

Le Rallye-Dakar sert à entretenir les fantasmes de puissance, de vitesse et de domination liés à la "bagnole ". Ils sont sources de violence routière mais aussi de juteux profits pour les lobbies automobiles.  Pouvons-nous admettre que l'Afrique qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans la pauvreté, la maladie ou la guerre soit le terrain de jeu de quelques " défoncés de la vitesse " en mal d'aventure ?
Depuis 1979, ce rallye a fait plus de 30 morts. Combien en faudra t-il encore pour déclarer hors la loi cette compétition sportive que les populations et gouvernements d'Europe refuseraient  -avec raison- dans leur pays ? Nous ne pouvons pas admettre en Afrique ce que nous ne saurions tolérer  chez nous. Aussi les soussignés, condamnent-ils le Rallye-Dakar comme un immense et inutile gaspillage d'argent et d'énergie, comme une provocation néo-colonialiste au moment où les pays du Sud refusent les diktats des USA et de l'Union Européenne en matière de commerce. Ils exigent que le gouvernement français et les pouvoirs publics refusent toute aide directe ou indirecte à cette honteuse entreprise. Ils demandent aux
gouvernements des pays traversés de refuser leur concours à ce rallye et appellent toutes les organisations démocratiques et humanitaires à constituer enfin un front commun pour dénoncer publiquement et par tous les moyens appropriés ce rallye qui s'apparente à une croisade de négriers.