à
Collectif pour la suppression du Rallye-Dakar,
local LDH
centre municipal Richepin
21 rue Jean
Richepin
63000 Clermont-Ferrand
Au nom de Vivre en Tarentaise, nous nous associons à
ce texte sans réserve.
Alain Machet, Président
André Fourmaintraux,
vice-président
René Pinck, secrétaire
Depuis 1979, le Rallye-Dakar
défie la conscience démocratique. Une caravane agressive d'engins rutilants
traverse pendant plusieurs jours les pays les plus démunis d'Afrique. Non
seulement la faune et la flore autochtones sont dévastées, piétinées et
détruites, mais les populations locales ne sont pas plus respectées.
Plusieurs victimes, morts et blessés ont déjà été sacrifiés
à ce luxe néo-colonialiste indécent qui étale aux yeux de populations du Sud,
affamées par les guerres et les maladies, le luxe technologique des multinationales du Nord dominateur.
Cet étalage de richesse dans des pays où les populations ont juste de quoi survivre
n'est pas admissible et doit être condamné au nom du respect des droits
élémentaires de la personne humaine. Ce n'est pas parce que les régimes,
autoritaires pour la plupart, de ces Etats cautionnent par leur silence ou leur active complicité ces escapades de nostalgiques de
la coloniale que nous devons nous taire sur ce scandale.
Pouvons-nous accepter cette libre circulation " à tombeau ouvert
" quand des milliers de jeunes africains sont condamnés en Europe à la
pire clandestinité, à l'expulsion par charters entiers ou encore à la noyade
dans le détroit de Gibraltar ?
Pouvons-nous accepter le gaspillage de centaines de milliers de litres
d'essence, brûlés en pure perte pour la seule gloire de quelques constructeurs et
sponsors rapaces dans des régions où survivre est chaque jour un exploit ?
Le Rallye-Dakar sert à entretenir les fantasmes de puissance, de vitesse et de
domination liés à la "bagnole ". Ils sont sources de violence
routière mais aussi de juteux profits pour les lobbies automobiles.
Pouvons-nous admettre que l'Afrique qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans
la pauvreté, la maladie ou la guerre soit le terrain de jeu de quelques " défoncés
de la vitesse " en mal d'aventure ?
Depuis 1979, ce rallye a fait plus de 30 morts. Combien en faudra t-il encore
pour déclarer hors la loi cette compétition sportive que les populations et
gouvernements d'Europe refuseraient -avec raison- dans leur pays ? Nous
ne pouvons pas admettre en Afrique ce que nous ne saurions tolérer chez
nous. Aussi les soussignés, condamnent-ils le Rallye-Dakar comme un immense et
inutile gaspillage d'argent et d'énergie, comme une provocation
néo-colonialiste au moment où les pays du Sud refusent les diktats des USA et
de l'Union Européenne en matière de commerce. Ils exigent que le gouvernement
français et les pouvoirs publics refusent toute aide directe ou indirecte à
cette honteuse entreprise. Ils demandent aux
gouvernements des pays traversés de refuser leur concours à ce rallye et appellent
toutes les organisations démocratiques et humanitaires à constituer enfin un
front commun pour dénoncer publiquement et par tous les moyens appropriés ce
rallye qui s'apparente à une croisade de négriers.